Le sous-sol camerounais est bondé de nombreuses richesses naturelles telles que le minerai de fer, l’or, le pétrole, le manganèse, le nickel, le calcaire, la bauxite, etc. Malgré cette multitude de ressources, le secteur minier contribue à peine à 5% du produit intérieur brut (PIB). Si cette faible performance est souvent attribuée à sous-exploitation, il reste tout de même qu’il n’existe véritablement pas un dispositif permettant d'évaluer avec exactitude, le potentiel minier sur le triangle national. Fuh Calistus Gentry, le ministère par intérim des Mines, de l’industrie et du développement technologique entend corriger ce manquement par la mise en place d'un Comité stratégique d'évaluation du potentiel minier au Cameroun. La décision a été prise le 1er juillet 2024 par le membre du gouvernement.
Selon les informations obtenues auprès de ce département ministériel, « le Comité constitué d'ingénieurs des mines et de la géologie, des juristes, des économistes, statisticiens... aura pour mission de faire une étude comparative afin de produire un document statistique sur le pourcentage de chaque minerai, d'élaborer une base de données sur le potentiel minier, les projets miniers afin de ressortir le ranking du Cameroun sur le continent africain ainsi que l'impact de la législation mise en place », apprend-t-on. Ledit comité a un mois pour rendre sa copie.
Une dizaine de projets en vue
L’instauration de ce dispositif permettrait certainement à l’Etat d'avoir une meilleure visibilité du secteur minier afin de capter plus de recettes surtout dans un contexte où, au moins 12 projets sont programmés d’ici à 2027. Dans la foulée, l’on peut citer : les travaux de la mine de Colomine à l’Est du pays au potentiel de 485 000 tonnes pour une production annuelle de 500 kg. D’autres projets sont également dans le pipe parmi lesquels, l’exploitation du minerai de bauxite de Minim Martap (région de l’Adamaoua) et de l’or de Bibemi, le rutile d’Akonolinga dans le Centre ou encore les projets de fer de Nkout et de Ngovayang.
Cette innovation intervient quelques mois après l’adoption de la loi portant Code minier porteuse de plusieurs réformes. Par exemple, selon l’article 25, l’Etat prélève un impôt synthétique minier libératoire de 25% de la production brute de chaque site dans le cadre de l’exploitation artisanale semi-mécanisée des substances minérales. De plus, le texte réserve la gestion des activités d’exploitation artisanale aux collectivités territoriales décentralisées.
Le mécanisme gouvernemental est également annoncé trois mois après une nouvelle suspension du Cameroun (après celle de 2021) de l’Initiative pour la transparence dans le secteur des industries extractives (Itie). Ce qui pourrait être interprété comme une démarche des pouvoirs publics à réintégrer en 2027 cette association internationale dont il est membre depuis 2005. Ce d’autant plus qu’il a quatre mois, l'instance précisait que « le Cameroun doit veiller à ce que les données Itie soient compréhensibles, notamment en s’assurant qu’elles sont rédigées dans un style clair et accessible et qu’elles sont disponibles dans les langues adéquates, et le pays doit examiner les défis et les besoins en informations des divers genres et sous-groupes de citoyens ».










