Le président camerounais, Paul Biya, a signé le 20 juin 2025, trois décrets habilitant Alamine Ousmane Mey, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) à signer trois conventions de financement avec des banques étrangères. Montant total des emprunts à contracter : 129 milliards de Fcfa que le pays va injecter dans les projets relevant du domaine de l’électricité et du social.
Dans le détail, le Cameroun va signer deux accords de prêts d’un montant global de 178,1 millions d’euros (116,6 milliards de Fcfa) auprès de Société Générale France. Le premier sous forme de crédit commercial d’un montant de 5,250 millions d’euros (3,26 milliards de Fcfa) va servir à la réalisation du Projet de stabilisation et de renforcement du réseau électrique de la ville de Douala la capitale économique du pays. Toujours pour les mêmes besoins, Alamine Ousmane Mey va emprunter pour le compte de l’État, 172,8 millions d’euros(113,386 milliards de Fcfa) auprès du même établissement bancaire.
Il s’agit en effet d'un projet annoncé depuis des années. D’après le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee), c’est une sous-composante du Projet de Remise à niveau des Réseaux de Transport de l’Électricité et de Réforme du Secteur (Prrters) élaboré depuis octobre 2015 et dont la première phase a bénéficié d’un crédit de 325 millions de dollars de la Banque mondiale. Projet de stabilisation et de renforcement du réseau électrique de la ville de Douala. Ce projet vise à stabiliser le réseau de transport de l'électricité la veille. Concrètement, il « envisage l’extension des postes existants, la construction de 03 nouvelles lignes haute tension d’une longueur totale de 55 km et de nouveaux postes dont les postes de Nylon et de Missolè », décrit le Minee.
Pour ce qui est du volet social, Yaoundé va emprunter 18,8 millions d’euros (12,4 milliards de Fcfa) chez la Banque marocaine du commerce extérieur (Bmce) en vue du financement de la deuxième phase du projet de rénovation du Centre national de réhabilitation des personnes handicapées Cardinal Paul Emile Léger (Cnrph).Le chef de l’État a aussi ratifié l’accord de prêt de 9,9 millions de Fcfa conclu en février dernier avec le Fonds koweitien pour le développement économique arabe (Fkdea). Objectif : financer le Projet de développement de la chaîne de valeur du riz du Cameroun (Pdcvrc). Enfin, d’un montant de 12,239 millions d’euros(8,028 milliards de Fcfa), l’accord de prêt entre le Cameroun et le Fonds africain de développement (FAD), a lui aussi été ratifié. Il va servir au financement du Programme d’appui au secteur des transports phase IV, corridor économique Douala-Ndjamena, section Ngaoundéré-Garoua pour améliorer la performance du réseau routier camerounais pour promouvoir la participation et l’investissement privé dans les secteurs agroindustriels, du transport et de la logistique le long du corridor économique Douala-N’Djamena et de faciliter le commerce transfrontalier.
Pour rappel, le Cameroun comme la majorité des Etats, fait recours aux emprunts pour financer ses projets. Si ces ressources peuvent avoir un impact positif sur le développement, elles contribuent cependant à faire gonfler l’encours de la dette publique. Fin mars 2025, le Cameroun affiche une dette de 14 442 milliards de FCFA en hausse de 5,7%sur un an pour un taux d’endettement de 44,7% du PIB selon la Caisse autonome d’amortissement, le gestionnaire de la dette publique du pays.



