L’entreprise française de négoce Sucres et Denrées (Sucden), spécialisée dans le commerce mondial du sucre et du cacao veut diversifier ses sources d’approvisionnement pour sa filiale ivoirienne en s’appuyant sur le cacao de trois pays africains dont le Cameroun. Pour ce faire, le négociant tricolore devrait percevoir d’ici le 30 septembre 2024, un financement de 200 millions d’euros (environ 131,2 milliards de Fcfa selon le cours de change actuel) auprès de la Société financière internationale (IFC), la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. C’est la quintessence du récent communiqué de l’institution financière.
Acteur incontournable du commerce mondial du sucre, Sucden SA est impliqué dans le courtage du cacao depuis 2011. Un segment pour lequel l’entreprise française ne possède pas de plantations mais est associée aux agriculteurs locaux dans d'autres pays producteurs qui lui fournissent le cacao qu’il revend ensuite sur le marché international. Ainsi dit, l’objectif du financement demandé à l’IFC est d’acquérir 83 000 tonnes de fèves brutes via sa filiale ivoirienne et 25 000 autres tonnes de cacao auprès d’autres exportateurs (Cameroun, Ghana et Nigéria). Cette initiative vient du fait que la Côte d’Ivoire, bien que première productrice mondiale de cacao, peine à satisfaire ses clients à l’international à cause d’une baisse d’environ 30% des récoltes durant la campagne cacaoyère 2023-2024. Une contreperformance justifiée par les conditions climatiques défavorables et les maladies tropicales qui ont dévalorisé le cacao ivoirien.
6 000 Fcfa le kilogramme de cacao camerounais
En juillet dernier, Sucden a annoncé avoir contracté un prêt d’entreprise de deux ans auprès de la Banque Africaine de développement pour un montant de près de 100 millions de dollars (environ 60,4 milliards de Fcfa) sous forme de facilité afin de financer les exportations de cacao à travers son réseau de coopératives et fournisseurs installés au Cameroun, au Ghana et au Nigeria. Les nouveaux fonds demandés serviront donc entre autres à acheter du cacao auprès des coopératives de producteurs pour la campagne intermédiaire de 2024-2025, qui a débuté le 8 août dernier au Cameroun.
Dans le cas précis du Cameroun, les entreprises de Sucden interviennent dans un contexte où le cours du kilogramme de fèves de cacao a augmenté de 275% passant d’un prix minimum de 1 600 F/Kg durant la campagne 2023-2024 à 6 000 F/Kg pour la campagne en cours. Ce prix, fixé par le ministre du Commerce (Mincommerce), Luc Magloire Mbarga Atanagna est en hausse de 6,2% par rapport au prix de fin de campagne (5 648 F/Kg). Tenant à l’image de marque du cacao camerounais, le Mincommerce n’entend pas régresser que ce soit dans la qualité ou dans la valeur de l’or brun camerounais mais plus tôt attirer l’élite de la clientèle mondiale. « Tous les indicateurs convergent, sinon vers une amélioration de ces acquis, à tout le moins vers leur préservation, à la faveur d'une qualité retrouvée et reconnue de la fève camerounaise, qui fait dorénavant courir ce qui compte de mieux dans l'industrie chocolatière mondiale », a-t-il indiqué dans son adresse à l’occasion du lancement de la campagne.
Notons qu’en 2023, le géant français avait obtenu 100 millions d’euros (65,6 milliards de Fcaf) de la part d’IFC pour le même motif. Il sera donc question pour Sucden de se créer une place sur le marché camerounais où sont déjà actifs 38 négociants dont les plus importants sont Telcar Cocoa avec 35,1% des parts de marché, OFI CAM avec 24,8% des parts de marché et Sbet avec 9,9% des parts de marché selon les données de l'Office national du cacao et du café (Oncc) au sortir de la campagne cacaoyère 2023-2024.



