La visite d'État en France des autorités gabonaises, menées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a débouché sur des accords et des engagements stratégiques dans plusieurs secteurs clés, notamment celui de l'énergie. Le 21 juillet dernier à Paris, Philippe Tonangoye, ministre gabonais de l'Accès universel à l'eau et à l'énergie, EDF Power Solutions et Gabon Power Company (GPC), filiale du Fonds gabonais d'investissements stratégiques (FGIS), ont signé un protocole d'engagement mutuel destiné à faire avancer le projet du barrage hydroélectrique de Booué, d'une capacité de près de 400 MW et estimé à 1,78 milliard de dollars (environ 1 068 milliards de FCFA).
Pour Libreville, le choix d'EDF repose avant tout sur l'expérience acquise par le groupe au Cameroun. « Notre choix s'est porté sur EDF Power Solutions, dont l'expertise a été démontrée à travers la réalisation du projet hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun, et sur Gabon Power Company », a déclaré Philippe Tonangoye. Mis en chantier en 2019 sur le fleuve Sanaga, le barrage de Nachtigal affiche une capacité installée de 420 MW. Développé dans le cadre d'un partenariat public-privé par Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), dont EDF est l'actionnaire de référence et l'opérateur technique, l'ouvrage a mobilisé un investissement d'environ 1,2 milliard d'euros, soit près de 800 milliards de FCFA. Pleinement opérationnel depuis mai 2025, il fournit près de 30 % de la production électrique du Cameroun.
Lire aussi : Barrage de Nachtigal : NHPC revendique 3 TWh injectés en un an malgré la persistance des délestages
C'est cette expertise que le Gabon entend désormais mettre à profit pour son propre projet. Estimé à 1,78 milliard de dollars (environ 1 068 milliards de FCFA), le barrage de Booué doit renforcer durablement les capacités de production du pays, confronté depuis plusieurs années à des délestages récurrents liés à l'insuffisance des infrastructures de production et aux faibles niveaux d'eau enregistrés dans certains barrages. Le futur aménagement devrait également accompagner l'alimentation des grands projets industriels et miniers ainsi que l'interconnexion progressive du réseau électrique national. Pour financer ce projet, l'État s'appuie sur ses partenaires historiques.
« Notre connaissance des enjeux locaux, jumelée à l'expertise technique d'EDF, contribuera à mobiliser les meilleurs partenaires afin de mettre en œuvre le projet hydroélectrique de Booué. Nous souhaitons y reproduire le même schéma de financement que celui de Kinguélé Aval, dont la mise en service est prévue d'ici à la fin de l'année 2026 », a déclaré Philippe Jr. Ossoucah, directeur général de GPC, lors de la signature de l'accord à Paris.
Lire aussi : Energie : Phillipe Junior Ossoucah nommé directeur général de Gabon Power Company
C'est dans cette dynamique que la Société financière internationale (IFC) a officialisé, en juin dernier, son accompagnement de l'État gabonais dans la phase de préparation du projet de Booué, notamment pour les études techniques, environnementales et sociales, ainsi que pour l'optimisation de sa structuration financière et de sa bancabilité. Au-delà de l'hydroélectricité, les entreprises françaises cherchent également à se positionner sur les futurs marchés énergétiques gabonais. Novéa Énergies (groupe Ragni), Sunna Design et Fonroche Lighting ont engagé une première offensive auprès du ministre Philippe Tonangoye afin de proposer leurs solutions d'éclairage public solaire. Novéa dispose déjà d'une longueur d'avance, après avoir remporté en 2025 un contrat portant sur la fourniture et l'installation de plus de 6 300 lampadaires solaires à travers le pays.
Lire aussi : Gabon : les délestages persistent malgré un investissement de plus de 200 milliards FCFA en deux ans








