Au troisième trimestre 2024, les résultats d’activités du groupe minier français Eramet sont moins reluisants. Les chiffres publiés par l'entreprise révèlent une dégradation de ses performances au cours de cette période, notamment dans la production et le transport du manganèse, avec incidence sur le chiffre d’affaires de l’entreprise. Selon le rapport y relatif, la production de la mine de Moanda au Gabon, exploitée par sa filiale la Compagnie minière de l’Ogooué au Gabon (Comilog), a ainsi diminué de 5% par rapport à la même période de l'année précédente, passant d'environ 2,1 millions de tonnes à 2 millions de tonnes. Parallèlement, les volumes transportés ont chuté de 11%, s'établissant à 1,8 million de tonnes contre 2,02 millions de tonnes au troisième trimestre 2023.
D’après les informations du groupe, cette contreperformance est attribuable à une conjoncture défavorable marquée par une demande chinoise en berne et une offre excédentaire sur le marché mondial du manganèse. Le géant asiatique, principal consommateur mondial de ce métal, a réduit ses achats en raison d'une production d'acier en baisse. « La baisse de la demande chinoise couplée à une situation de suroffre de minerai de manganèse (notamment en provenance d’Afrique du Sud) n’a cependant pas permis de commercialiser la totalité des volumes transportés (au Gabon) sur le trimestre. Les volumes vendus s’établissent ainsi à 1,5 millions de tonnes, dont 1,2 millions de tonnes vendus en externe (- 37 % par rapport au T3 2023). », peut-on lire.
Une augmentation significative des prix de vente
Malgré cette baisse de la production et du transport de minerais de manganèse, le chiffre d'affaires global des activités manganèse d'Eramet a augmenté de 8% au troisième trimestre 2024, atteignant 569 millions d’euros, soit 372,6 milliards de Fcfa. En effet, cette hausse est principalement due à une augmentation significative des prix de vente, notamment pour le minerai haute teneur. Les prix du manganèse ont connu une hausse marquée depuis plusieurs mois, en partie en raison de la mise à l'arrêt forcée, fin mars, de la mine de Groote Eylandt en Australie, appartenant à Gemco, filiale de South32, numéro deux mondiale du secteur. Cette interruption de production a contribué à accentuer les tensions sur l'offre mondiale de manganèse, soutenant ainsi les prix.
Dans le détail, les cours du manganèse sont actuellement supérieurs à 6 dollars par tonne métrique sèche, proches des niveaux atteints en février 2022 qui étaient de 8 dollars la tonne. Les ventes de minerai ont ainsi augmenté de 2% en glissements annuelle atteignant les 338 millions d’euros au T3 2024 contre 331 3 millions d’euros au T3 2023. Les ventes d'alliages ont également progressé de 17% à 231 millions d’euros, soutenues par des prix plus élevés, mais avec des volumes en baisse de 7% en raison d'une demande plus faible de la part des secteurs de l'automobile et de la construction. Cette évolution montre que l'entreprise a réussi à tirer parti de la hausse des prix pour compenser partiellement la baisse de production, mais que la volatilité des prix du manganèse reste un facteur d'incertitude pour les prochains trimestres.
Globalement, le chiffre d'affaires d'Eramet a atteint 809 millions d'euros au troisième trimestre 2024, en baisse de 17% par rapport au trimestre précédent. Ce recul s'explique principalement par une baisse de 43% des volumes vendus dans les activités de nickel et de lithium, qui n'a été que partiellement compensée par une hausse de 26% des prix du manganèse.
Rappelons que le groupe minier français Eramet a annoncé, le 15 octobre, la suspension temporaire de l'extraction de manganèse dans sa mine de Moanda, au Gabon, en réponse au ralentissement de la demande chinoise. Cette décision, susceptible de se prolonger si la faiblesse de la demande persiste, entraînera des conséquences sur les objectifs de production d'Eramet et pourrait peser sur ses résultats financiers à court terme. En effet, la Chine représente un marché clé pour le manganèse d'Eramet. Le groupe minier a récemment essuyé trois jours d’affilés dans le rouge en bourse à Paris.



