Dans le cas du Gabon, l’ITIE indique qu’en analysant les données de documents juridiques, de rapports de production, de divulgations de l’ITIE et de soumissions d’entreprises extractives au Gabon, il ressort l’existence d’écarts notables entre les coûts déclarés par les opérateurs et ceux enregistrés par le gouvernement. À titre d’exemple, révèle la note de l’ITIE, Assala Gabon S.A a déclaré en 2021, 475 millions de dollars US (301,8 milliards de FCFA) de coûts pétroliers, contre 384 millions de dollars US (244,03 milliards de FCFA) enregistrés par le gouvernement – soit une différence de 24 %.
Dans la même veine et au cours de la même période sous revue, Maurel et Prom ont déclaré 1,2 million de dollars US (7,6 milliards de FCFA) de coûts pétroliers, contre 234 millions de dollars US (148,7 milliards de FCFA) enregistrés par le gouvernement – soit une différence de 99 %. Ce qui rend floue la part de gain que l’Etat gabonais doit recouvrer.
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En outre, l’étude a fourni une ventilation détaillée des coûts de production par baril et par entreprise productrice faisant ressortir d’importantes variations dans les coûts de production entre les différents opérateurs. Par exemple, Perenco Oil et Gas Gabon ont déclaré les plus faibles coûts de production, d’un montant de 0,18 dollar US par baril. BWE a enregistré les plus hauts coûts, à 67,18 dollars US par baril. « De telles disparités reflètent différents modèles opérationnels et niveaux de rendement, ainsi qu’une maturité différente des blocs en cours de production. Des audits détaillés des coûts sont essentiels pour garantir des pratiques de recouvrement des coûts justes et un partage exact des profits », souligne l’ITIE.
L’étude a également identifié un certain nombre de difficultés qui entravent la transparence et une déclaration exacte des coûts dans le secteur pétrolier du Gabon. Et bien que le ministère de l’Économie a commencé à publier des extraits de contrats extractifs, souligne la note, il est difficile d’assurer un suivi de l’impact des coûts sur les recettes obtenues, car certains détails clé sur le recouvrement des coûts, les conditions fiscales et les obligations demeurent inaccessibles. Par ailleurs, l’absence de certains documents, notamment des contrats signés et des rapports d’audit, a limité la capacité à examiner les coûts recouvrables en détail.
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Pour surmonter ces problèmes, l’étude de l’ITIE recommande des procédures d’audit, une amélioration de la déclaration des coûts et une documentation systématique des discussions sur la production pour renforcer la gouvernance. « Dans le cadre de la poursuite du renforcement de la transparence par le Gabon dans son secteur extractif, des audits détaillés et réguliers seront essentiels pour prévenir un gonflement des coûts et pour promouvoir la redevabilité. Ces mesures jettent des bases solides pour une meilleure gouvernance et une croissance économique durable », suggère l’ITIE.
Faisant partie des plus grands producteurs de pétrole en Afrique, le Gabon dépend largement de son secteur pétrolier – l’épine dorsale de son économie. Ses champs pétroliers littoraux et offshores sont opérés par des entreprises internationales dans le cadre d’accords conclus avec le gouvernement.



