La ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Centrafricains de l'Étranger, Sylvie Baïpo-Temon, a annoncé le 9 avril dernier la reprise de l’émission des passeports diplomatiques et de service en République centrafricaine. Cette étape marque la phase 2 de l’opérationnalisation du nouveau système de délivrance des titres de transport, après la relance, le 28 janvier dernier, de l’émission des passeports ordinaires par le nouvel opérateur, la Société émettrice des documents sécurisés (Sedosec).
Les autorités centrafricaines avaient suspendu fin décembre 2024 la production de ces documents, afin de permettre à Africard Co. Limited, société française jusque-là en charge du service mais déclarée défaillante, de transférer sa base de données à son successeur, une entreprise d’origine russe. Le gouvernement justifie ce changement d’opérateur par la nécessité de s’arrimer aux normes internationales de sécurisation des passeports.
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« La loi internationale évolue, et avec elle, le processus de sécurisation des documents (…) Nous avons rencontré plusieurs sociétés, et au final, c’est la qualité de la prestation de Sedosec qui nous a convaincus », a déclaré la cheffe de la diplomatie centrafricaine.
Concernant la reprise en deux temps du processus, la ministre explique : « Les passeports diplomatiques et de service ont pris un peu de retard, car leurs procédures de pré-validation et de validation ne sont pas les mêmes que celles des passeports ordinaires. Tout citoyen a droit à un passeport ordinaire, mais les documents diplomatiques ou de service sont délivrés sur éligibilité».
La sécurisation du processus d’émission des passeports constitue un enjeu stratégique majeur pour la Centrafrique, compte tenu de l’ampleur du trafic de documents diplomatiques, souvent lié au crime organisé autour de l’or et des diamants. Le phénomène avait atteint un niveau critique après l’incendie du centre d’émission en septembre 2021.
En toile de fond, l’attribution de ce marché à Sedosec, entreprise russe, illustre une nouvelle victoire diplomatique et économique de Moscou dans la lutte d’influence qu’elle mène face à Paris en Centrafrique. Les paramilitaires russes de l’Africa Corps (ex-Wagner), solidement implantés dans le pays, jouent déjà un rôle central dans la sécurité présidentielle et dans la chaîne de commandement des Forces armées centrafricaines (FACA).
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