Le Parlement camerounais a reçu, le 21 mars 2025, une série de six projets de loi émanant de la présidence de la République. L’un d’eux autorise le président de la République à ratifier l’accord entre le Cameroun et la Tunisie relatif à la suppression réciproque de l’obligation de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques, spéciaux ou de service. Signé à Yaoundé le 27 avril 2024, ce texte vise à « booster la coopération » entre les deux pays en facilitant les échanges commerciaux. « Une utilisation judicieuse de ces atouts pourrait stimuler la croissance économique du Cameroun et favoriser la création d’opportunités grâce à la libre circulation des fonctionnaires », lit-on dans l’exposé des motifs du projet de loi.
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Le texte soumis à l’examen des députés et sénateurs ne doit donc rien au hasard, au regard des chiffres sur le trafic des marchandises entre le Cameroun et la Tunisie. En effet, d’après l’Institut national de la statistique (INS), la Tunisie figure certes parmi les dix principaux fournisseurs du Cameroun en 2023, mais elle n’occupe que la 9e place, avec une contribution de 22,5 milliards de FCFA (0,4 % des importations), loin derrière la Côte d’Ivoire, premier fournisseur, avec 75,9 milliards de FCFA (1,5 % du marché des importations camerounaises en 2023).
Exemption réciproque de l’obligation de visa
L’autre projet de loi soumis au Parlement autorise le président de la République à ratifier l’accord d’exemption réciproque de l’obligation de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques, officiels ou de service entre le Cameroun et la Corée du Sud. Selon l’exposé des motifs du texte déposé à l’Assemblée nationale et au Sénat, cet accord a pour objectif majeur « d’intensifier la coopération et de renforcer les liens d’amitié entre le Cameroun et la Corée du Sud à travers la libre circulation des personnes et des biens ».
Sur le plan économique, la ratification de l’accord signé le 2 juin 2024 à Séoul devrait non seulement « fluidifier » les échanges entre les deux pays, mais aussi faciliter l’accès du Cameroun au marché coréen. Cette ambition s'explique par l’importance de la Corée du Sud, classée 13e économie mondiale en 2023, bien que ce pays ne figure pas encore parmi les dix principaux partenaires commerciaux du Cameroun, contrairement à d’autres nations asiatiques comme la Chine et l’Inde.
L’accord en examen au Parlement pourrait donc insuffler un nouvel élan à la coopération entre les deux pays, qui s’est ralentie dans les années 1990 avec la crise économique mondiale, avant de reprendre en 2010 grâce à la réouverture de l’ambassade de Corée du Sud à Yaoundé. En 2024, par exemple, le Cameroun a bénéficié d’un soutien financier non remboursable de 39,35 millions de dollars (soit environ 23,12 milliards de FCFA) de la part de la Corée du Sud pour financer des projets de développement.
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