Une performance en hausse, mais un objectif manqué. Le 14 février dernier, lors de la visite de prise de contact du nouveau ministre gabonais de l’Économie et des Participations Mark Doumba, le directeur général des impôts du pays, Éric Boumah, a dressé le bilan de la collecte fiscale en 2024 : « Les services [dans leur ensemble] ont permis à notre administration de mobiliser 1 080,73 milliards de Fcfa au titre de l’exercice 2024, dépassant de 3% les réalisations de l’année précédente ».
Cependant, sur les huit premiers mois de l’année, seuls 764,16 milliards de Fcfa avaient été collectés. Les recettes ont ensuite fluctué : 57,8 milliards en septembre (-10 milliards par rapport à août), 55,2 milliards en octobre (-3,3 milliards), avant de remonter à 98,4 milliards en novembre (+1,4 milliard) et 105,17 milliards en décembre. Cependant, le Gabon a manqué de 707,07 milliards de Fcfa, l’objectif de collecte de recettes fiscales tablé à 1 787,8 milliards dans la loi de finances rectificative 2024. Ce qui correspond à un taux de réalisation de 60,45%, malgré la mise en place d’une solution numérique de sécurisation de sécurisation des recettes sensée optimiser le recouvrement fiscal dénommée « Digitax ».
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Un système fiscal en quête d’efficacité
Pour expliquer ce retard, la DGI pointe les conditions de travail de ses agents et plaide pour la construction d’un « hôtel des impôts » afin de moderniser l’administration fiscale. L’intensification des contrôles fiscaux, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales ainsi que l’élargissement de l’assiette fiscale font également partie des leviers envisagés.
Toutefois, ces efforts de modernisation peinent encore à produire des résultats tangibles. Selon le cabinet TradingEconomy, avec un ratio recettes fiscales/PIB de 8,18% en 2024, le Gabon reste fortement dépendant du secteur extractif. Cette concentration limite la diversification économique et pèse sur le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.



