elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Réglementation de changes, recrutement à la Beac, climat de travail…Yvon Sana Bangui calme le jeu

Le nouveau gouverneur qui annonce le retour de la sérénité au sein de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, s’engage non seulement à améliorer substantiellement la position extérieure de la Cemac, mais aussi à rétablir les principaux équilibres macroéconomiques. Le Comité de Politique Monétaire (CPM) tenu le 25 mars, a tablé sur un taux de croissance de 3,5% à fin 2024.

Publiée mardi 26 mars 2024 à 11:47:45Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 11:15:40Temps de lecture 7 minPar Jean Omer Eyango

Yvon Sani Bangui, le gouverneur de la Beac
Le gouverneur de la Beac, Yvon Sani Bangui

C’est une équipe un peu fébrile et alerte autour du nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) calme et confiant, qui est apparue à la presse sous-régionale ce 25 mars, au terme de la première session ordinaire du Comité de Politique Monétaire (CPM) de l’année 2024. Serein et parfaitement au fait des chiffres et des dossiers, Yvon Sana Bangui qui venait de présider cette instance pour la première fois depuis sa prise de fonctions à Yaoundé le 1er mars dernier, a déroulé sur les enjeux stratégiques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et pris quelques engagements qui structurent l’avenir immédiat de l’institut d’émission et ses défis à moyen et long termes. Notamment, au sujet de la règlementation des changes à laquelle il engage tous les acteurs économiques à se soumettre. « En annonçant ce nouveau mandat, je m’inscris totalement, avec les collaborateurs en charge de la réglementation des changes, dans l’optique de renforcer davantage le respect de celle-ci. Il y va de la stabilité de notre système monétaire », commence-t-il. Avant d’assurer, s’agissant de l’obligation de rapatriement des devises destinées à la remise en état des sites (fonds RES) en fin d’exploitation, que les discussions se poursuivent avec les industries extractives. « Toutes les parties prenantes, notamment nos États, se sont impliquées. Et c’est un processus qui est toujours en cours. C’est vrai que les datelines fixés n’ont pas été respectés, mais je vous l’ai dit, nous allons faire respecter la réglementation des changes. Il est question de l’intérêt de la communauté ».

Lire aussi : La Beac maintient inchangés ses taux directeurs pour la 4e fois d’affilée

Cette réglementation dispose, en effet en article 183 que : « dans les secteurs particuliers, notamment des hydrocarbures et des mines, en cas d’obligation légale ou contractuelle de constituer une dotation financière ou un fonds financier pour la réhabilitation d’un site en fin d’exploitation, la banque centrale peut ouvrir au nom de l’Etat concerné et de son contractant ou de l’exploitant, le cas échéant, des comptes en devises ou en Fcfa, afin d’y domicilier les ressources y afférentes ». Des sources autorisées parlent d’un pactole d’environ 5000 milliards de Fcfa en contre-valeur. Les modalités de rapatriement de ces fonds avaient été définies dans un règlement Cemac pris en 2021 et par une instruction de la Beac datant de 2022, mais les géants pétroliers anglo-saxons tels ExxonMobil, Marathon, Chevron ou encore Texaco, ont toujours freiné des quatre fers pour rapatrier à la Beac la totalité des réserves pourtant constituées.

L’argentier sous-régional est également revenu sur le dernier recrutement des agents d’encadrement supérieur organisé en 2022, et qui avait été suspendu après que l’ancien président du Conseil d’administration, ministre des Finances et du Budget de la République centrafricaine, Hervé Ndoba, a émis de sérieuses réserves sur « sa fiabilité » et « sa crédibilité ». L’ex-gouverneur, Abbas Mahamat Tolli, était accusé, entre autres récriminations, d’avoir favorisé la présélection de ses proches et ceux de certains dirigeants communautaires au terme du concours de recrutement organisé le 22 mai 2022. « Le dossier du concours est aussi en cours de traitement. Les instances ont commandé un audit, et nous sommes dans cette attente. Cet audit viendra mettre en exergue les insuffisances, les succès aussi puisqu’il n’y a pas eu que des points négatifs », assure le gouverneur, qui ajoute que « le sujet est d’autant plus important que la première richesse de la banque centrale c’est son personnel ». « C’est pour cela que nos instances de contrôle et de gestion s’attèlent à ce que les concours à la Beac soient transparents et que les candidats reçus soient les meilleurs ». Yvon Sana Bangui demande à la presse de prendre son mal en patience et assure qu’à la fin du processus, une communication sera faite. 

Une nouvelle dynamique

Après le climat de quasi-anarchie qui a régné au sein de la banque centrale, marqué notamment par un excès de zèle qui a poussé un membre du gouvernement, le directeur général du contrôle général, Eugène Blaise Nsom, en l’occurrence, à outrepasser ses compétences en « décrétant » la fin du mandat du gouverneur sortant le 06 février 2024, le nouveau gouverneur qui a une parfaite connaissance de cette institution au sein de laquelle il a fait l’essentiel de sa carrière et gravi tous les échelons en 19 ans – son dernier poste est celui de directeur central des systèmes informatiques -, annonce le retour de la sérénité. « Le personnel est confiant en ses dirigeants. Nous travaillons en parfaite collaboration, et je puis vous assurer que nous marquons un nouveau départ dans la franche collaboration, dans le respect mutuel et dans le professionnalisme. La Beac se porte bien et aujourd’hui nous allons consolider le personnel à être une famille qui poursuit le même objectif. Je suis là pour impulser une nouvelle dynamique pour qu’ensemble nous puissions faire rayonner notre institut d’émission commun à l’ensemble des Etats de la Cemac », assure-t-il. 

Lire aussi : Gouvernance : les détails du projet « G-A-P » de Sana Bangui à la BEAC

Au terme de la session du Comité de Politique Monétaire, la Beac prévoit du reste quelques contreperformances, marquées par une dégradation des indicateurs des finances publiques, avec notamment un solde budgétaire, hors dons, qui reviendrait de 0.0% du Pib en 2023 à -0,2% du Pib en 2024, et une contraction de l’excédent du compte courant dons officiels compris, qui reculerait de 3,5% du Pib en 2023 à 1,5% du Pib en 2024. La Beac anticipe également un léger repli des réserves de change de 2,7% à 6 699 milliards Fcfa à fin 2024, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 74,2% et des réserves en mois d’importations de biens et services à 4,3 en 2024 contre 4,8 en 2023. Cette légère baisse des réserves de change est liée à la hausse des importations suite au dynamisme des activités économiques. « En effet, il faut relever que les réserves de change sont largement au-dessus du seuil critique de trois mois d’importations des biens et services pour tous les pays du monde. Dans notre contexte, la Beac ne ménagera aucun effort pour une bonne mise en œuvre de la réglementation des changes afin d’amener tous les secteurs d’activité à se conformer aux dispositifs en vigueur et aussi à l’effet de conforter notre position extérieure », promet le gouverneur. Au terme des prévisions, poursuit-il, la Cemac devrait disposer de réserves de change supérieures au seuil de 5 mois recommandé pour les pays exportateurs de matières premières comme c’est le cas pour tous les pays de la sous-région.

Croissance du PIB

Néanmoins, les prévisions des services de la Beac sont globalement optimistes avec une croissance de 3,6% en 2024 contre 2% en 2023. Ceci en lien avec « le dynamisme observé aujourd’hui dans le secteur pétrolier et surtout la fermeté des activités non pétrolières, soutenues par la stratégie d’import-substitution », explique Yvon Sana Bangui. Non sans préciser que si ces prévisions venaient à se concrétiser, ce serait la toute première fois en près de 10 ans que le taux de croissance sous-régional dépasse 3%. « Que ce soit au niveau de la commission de la Cemac ou de la Beac, nous travaillons à diversifier nos économies aux fins d’atteindre ces objectifs. Le secteur non pétrolier sera tiré essentiellement par les entreprises du secteur brassicole, l’agriculture et les services marchands. Il faut relever aussi la bonne tenue des services financiers », conclut le gouverner. Un bémol tout de même : l’optimisme affiché aujourd’hui est à relativiser au regard de la persistance anticipée des tensions inflationnistes dans le monde.

Dans le but de juguler l’inflation, justement, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt des appels d’offres à 5%, le taux de facilité de prêt marginal à 6,75%, le taux de facilité de dépôt à 0% et les coefficients des réserves obligatoires à 7% sur les exigibilités à vue et à 4,5% sur les exigibilités à terme, pour le premier semestre 2024.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Réglementation de changes, recrutement à la Beac, climat de travail…Yvon Sana Bangui calme le jeu
BEACcemacPIBCPMréglementation de changesArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

WhatsApp Image 2026-10-06 at 13.14.10Banques et FinanceEntrée en bourse : comment BGFI Holding compte faciliter la revente de ses actions à la BVMACBGFI Holding veut rendre son action plus facile à acheter et à revendre à la BVMAC. Le groupe a confié l’animation de son titre à BGFIBourse, alors qu’il mène une nouvelle levée de 80,6 milliards de FCFA.il y a 2 heuresWhatsApp Image 2026-10-06 at 13.59.14Banques et FinanceMicrofinance : ESS Finance lance ses activités au CamerounLe groupe financier Emrald Securities Services (ESS) a officiellement lancé sa nouvelle filiale d'établissement de microfinance 2eme catégorie. Une implantation qui complète ses activités dans la banque d’affaires, le courtage et la gestion d’actifs.il y a 4 heuresIMG_20261006_095810Banques et FinanceLa COSUMAF mobilise le marché financier pour prémunir les épargnants contre les fraudes numériquesEn ouvrant lundi la Semaine internationale de l'investisseur CEMAC, le régulateur du marché financier a mis en garde contre les nouvelles formes de fraude, dopées par l'intelligence artificielle. Un guide de bonnes pratiques, élaboré avec l'OICV, est en cours de finalisation.il y a 5 heuresEpremiumUne vue d'une EMF en activitéBanques et FinanceCameroun : les crédits des microfinances grimpent à 819 milliards de FCFA, plus de 22 % en souffranceMalgré la croissance soutenue de leurs activités, les établissements de microfinance continuent d'afficher une qualité de portefeuille fragile. Leurs créances en souffrance ont atteint 183,2 milliards de FCFA en 2025, soit 22,37 % des crédits, alors que l'encours global a progressé de 9,1 % à 819,2 milliards.il y a 1 jourEpremiumWhatsApp Image 2026-10-05 at 15.03.36Banques et FinanceCEMAC : les banques engrangent un bénéfice record de 524 milliards de FCFA en 2025Les 54 banques en activité dans la CEMAC ont engrangé des profits records en 2025. Le Cameroun en concentre 43 %, tandis que les bénéfices des banques équato-guinéennes ont plus que doublé. Cette poussée de la rentabilité intervient pourtant sur fond de hausse des créances en souffrance et d’une exposition aux États désormais supérieure à 10 600 milliards de FCFA.il y a 1 jourEpremiumOndeleBanques et FinanceBanques et Microfinances : la COBAC prononce 93 sanctions et écarte 11 dirigeantsLe superviseur bancaire de la CEMAC a renforcé son action disciplinaire en 2025, avec des sanctions allant jusqu'au retrait d'agrément et, dans certains cas, à l'interdiction temporaire d'exercer. Cette fermeté intervient alors que la COBAC relève encore d'importantes insuffisances en matière de fonds propres, de division des risques, de gouvernance et de contrôle interne.il y a 1 jour

Articles similaires

WhatsApp Image 2026-10-05 at 1.23.16 PMConjonctureCCA-BANK : UNE NOUVELLE ÉTAPE DANS SON EXPANSION AU CŒUR DE LA CEMAC CCA-BANK poursuit résolument son développement dans la sous-région CEMAC et prépare activement son implantation en République Centrafricaine, avec une ouverture de son agence de Bangui annoncée avant la fin de l’année 2026.il y a 1 jourJaime2Politiques PubliquesTitres publics : le Cameroun veut emprunter 125 milliards FCFA sur des BTA de 13 et 26 semainesEn quête de 125 milliards de FCFA ce 5 octobre, le Trésor camerounais revient sur le marché de la BEAC pour rebondir après des émissions récentes aux résultats mitigés.il y a 3 joursWhatsApp Image 2026-09-25 at 15.04.59Banques et FinanceCEMAC : la COBAC réunit les banques à Malabo face à la montée des risques financiers et technologiquesLe superviseur bancaire de la CEMAC réunit ce 25 septembre à Malabo dirigeants, administrateurs et acteurs du secteur financier pour sa 15e concertation annuelle. Stress tests, paiements numériques, intelligence artificielle et risques ESG sont au menu, alors que les banques de la région cumulent 2 192,8 milliards de FCFA de créances en souffrance, soit 15,42 % de leurs crédits bruts.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Banques et Microfinances : la COBAC prononce 93 sanctions et écarte 11 dirigeantsil y a 1 jour2Banques : Afriland constitue son nouvel état-major pour la conquête de l’Afrique centraleil y a 3 jours3Gabon : avec 1 064 milliards de FCFA de dette, six entreprises publiques inquiètent la Banque mondiale il y a 6 jours4Pétrole : pourquoi un baril rapporte 31 dollars au Gabon contre 90 dollars au Camerounil y a 4 jours5Yvon Sana Bangui prend la tête de l’Institut chargé de préparer la future Banque centrale africaine il y a 6 jours6Cameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019il y a 3 jours7Cameroun : le bénéfice net de PlaYce tombe à son plus bas niveau depuis son ouvertureil y a 1 semaine8Cameroun : le retour inattendu de Viettel Global dans la bataille pour Nexttelil y a 5 jours9Cameroun : le projet ferroviaire avec la RCA permettrait à Kribi de capter 5 % du commerce mondial de minerai de feril y a 5 jours10Tchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jouril y a 4 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.