La récente sortie du Congo-Brazzaville sur les marchés financiers internationaux a été favorablement accueillie par les institutions d’évaluation du risque, notamment S&P Global Ratings. Dans une note publiée le 25 mai dernier, l’agence américaine de notation estime que la réussite de l’émission obligataire congolaise « signale un assouplissement de l’accès aux marchés internationaux des capitaux ». S&P maintient toutefois la note souveraine du Congo dans la catégorie spéculative « CCC+ », associée à un niveau de risque élevé pour les investisseurs.
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Le 20 mai 2026, Brazzaville a levé 850 millions de dollars sur les marchés internationaux avec un coupon de 9,5 %. L’opération a suscité une forte demande des investisseurs, avec un carnet d’ordres ayant atteint 1,6 milliard USD, mais le pays n’a retenu que le montant initialement recherché.
L’essentiel des fonds levés serviront à racheter une dette émise en novembre 2025, lorsque le Congo avait dû accepter un taux de 13,7 %, signe que les investisseurs considèrent désormais le risque congolais comme légèrement moins élevé. Ce rachat sera exécuté avec une prime de 104 % au-dessus de la valeur nominale, précise S&P. Le solde des ressources permettra notamment de préfinancer les prochaines échéances de dette du Congo sur le marché régional de la CEMAC.
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Pour l’agence de notation, cette stratégie s’inscrit dans la volonté du pays de « réduire ses besoins de financement extérieur », alors que Brazzaville négocie un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la période 2027-2029.
Le pétrole comme catalyseur
S&P explique l’amélioration de la perception du risque congolais par la remontée des cours du pétrole. « Les rendements des Eurobonds du Congo-Brazzaville ont fortement diminué ces dernières semaines, davantage que ceux de plusieurs pays pairs de la région », souligne l’agence. Selon elle, la position budgétaire du pays bénéficie temporairement de prix pétroliers « plus élevés qu’attendu ».
Le pétrole représente près de 60 % des recettes publiques du Congo. Dans ce contexte, S&P considère même Brazzaville comme « l’un des souverains africains les moins exposés au conflit au Moyen-Orient », en raison de son statut d’exportateur net d’hydrocarbures.
Toutefois, selon le FMI, la dette publique du Congo devrait encore représenter 91,3% du PIB en 2026, largement au-dessus du seuil communautaire de la CEMAC fixé à 70%. La croissance reste modérée (2,8% attendus en 2026), dans une économie encore fortement dépendante du pétrole, ce qui limite la capacité du pays à stabiliser durablement sa dette.






