En République centrafricaine, les utilisateurs des services de télécommunications sont très remontés contre les sociétés de téléphonie mobile, en raison de la mauvaise qualité des services qu’elles offrent. Depuis plusieurs semaines, les réseaux d’appels téléphoniques et de l’internet mobile se sont fortement dégradés, au point où communiquer devient un supplice pour les Centrafricains qui signalent un impact énorme sur leurs activités. La situation est loin d’être l’apanage de l’arrière-pays qui souffre d’un déficit d’installations de télécommunications ; même dans la capitale Bangui, c’est pratiquement la paralysie. Seul opérateur à avoir communiqué sur la situation qui prévaut, Telecel qui s’est excusé auprès de ses abonnés explique qu’elle est liée aux perturbations sur la fibre optique au Cameroun. Pays de l’hinterland, la République centrafricaine qui ne dispose de la fibre optique que depuis janvier 2024, est connectée à cette technologie à partir d’où part la dorsale à fibre optique de l’Afrique centrale, un projet sous-régional co-financé par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union européenne.
Lire aussi : Télécoms : en RCA, Moov Africa parachève son basculement à la fibre optique
Or, le Cameroun lui-même est confronté à d’énormes problèmes de connectivité en ce moment. Les choses ne sont, en effet, jamais normalisées depuis le 14 mars 2024, où le pays a connu une grosse panne d’internet suite à des dommages subis sur les câbles sous-marins WACS (West African Cable System), SAT3 (South Africa Transit 3) et Main One, qui sont d’ailleurs les principales sorties du Cameroun à l’international. En attendant la réparation de ces câbles, la ministre des Postes et Télécommunications du pays avait instruit l’augmentation des capacités du câble SAIL (South Atlantic Inter Link), une autre sortie à l’international qui relie le Cameroun à l’Amérique du sud, précisément le Brésil et vers laquelle le pays a basculé après l’incident sur ses autres câbles. Plus aucune communication officielle n’a été faite sur le sujet, au point où est difficile de savoir si les câbles endommagés ont été remis en service, ou si c’est toujours le câble SAIL qui alimente le Cameroun.
Lire aussi : RCA : la filiale du groupe français de téléphonie mobile Orange accusée d’attiser les tensions sociales
Ni le fournisseur d'accès et opérateur public Camtel, ni les opérateurs privés que sont Orange et MTN, ni même le régulateur qu’est l’Agence de régulation des télécommunications (ART) n’ont clarifié la situation qui a cours et qui s’est aggravée depuis que les autorités camerounaises ont sommé le géant américain SpaceX de retirer ses services satellitaires avec le roaming régional ou global du pays, faute d’une autorisation officielle. La RCA devrait, dans ces conditions, continuer à souffrir en silence. Pour les Centrafricains, pourtant, la mise en service de cette infrastructure déployée sur 1200 kilomètres de linéaire, le 15 janvier 2024, inaugurait une nouvelle ère pour le secteur des télécommunications, avec l’objectif affiché des autorités de réduire la fracture numérique dans le pays, contribuer à la diversification de l’économie numérique, promouvoir des services en matière de technologie de l’information et de la communication, etc.








