Pour sauver la Société gabonaise de transport (Sogatra), entreprise à capitaux publics, le gouvernement envisage de la fusionner avec Trans’Urb, une entreprise parapublique. L’annonce a été faite le 22 mai à Libreville par le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, au cours d’une tournée de terrain auprès des entités sous tutelle du transport public afin d’évaluer la situation et proposer des solutions concrètes
À la Sogatra, apprend-on, le membre du gouvernement a constaté une crise financière « profonde » et a mis en avant « une stratégie de redressement progressif, incluant la rénovation des installations et l’étude d’une fusion avec Trans’Urb ». Ulrich Mafoumbi a également évoqué la suppression de la gratuité des services pour assurer une meilleure viabilité financière.
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Le projet de fusion de la Sogatra ne surprend pas. En effet, l’entreprise gabonaise est au bord de la faillite. Selon les chiffres disponibles, la Sogatra cumule une dette qui se chiffre à environ 22 milliards de FCFA. Soit une dette fournisseur estimée à 1,5 milliards de FCFA et une dette sociale à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs). Cette dette a été accumulée notamment en raison des charges de cette structure qui bénéficie pourtant d’une subvention annuelle de l’Etat à hauteur de 4 milliards de FCFA.
Pis, les difficultés de la Sogatra dotée d’une flotte d’une quarantaine de bus ont été aggravées avec l’arrivée en avril 2020 dans le secteur de Trans’Urb qui opère sur le même réseau.
Avant d’en arriver à l’option de fusion, la Sogatra a quand-même tenté quelques actions de sauvetage. La plus récente était du 22 au 28 mars 2025. Au cours de cette période, une délégation gabonaise s’est rendue en Inde dans le cadre d’une mission de prospection auprès de Tata Motors. L’objectif de cette mission était l’acquisition de 130 bus destinés à renforcer la flotte de la Sogatra. « Au-delà de l’amélioration du transport public, cette acquisition représente une opportunité économique et sociale majeure pour la Sogatra. L’arrivée de ces 130 bus permettra non seulement d’optimiser les services offerts à la population, mais aussi de préserver plus de 1 000 emplois, redonnant ainsi un souffle nouveau à l’entreprise et à son personnel », avait déclaré le ministère gabonais des Transports. Mais visiblement cette option n’est plus à l’ordre du jour.
A contrario, Trans’Urb se porte mieux. Au cours de sa récente tournée, le ministre des Transports a reconnu les efforts déployés pour relancer l’activité après l’attribution par le président de la République de 10 nouveaux bus Mercedes MCV 260. Il a encouragé la direction pour la remise en circulation de 64 véhicules et réaffirmé son engagement à mener une réforme structurelle, avec une gestion rigoureuse des ressources et une amélioration du service public. « Une dynamique forte est enclenchée pour assurer un transport fiable et durable au Gabon », a déclaré le membre du gouvernement.









