Le Tchad envisage de s'allier à la Chine pour lancer une nouvelle société nationale de transport routier urbain. Ce projet a été au centre des discussions, le 12 août 2026 à N'Djamena, entre la ministre des Transports, de l'Aviation civile et de la Météorologie nationale, Fatimé Goukouni Weddeye, et l'ambassadeur de Chine au Tchad, Wang Xining. Selon le compte rendu gouvernemental, les échanges ont porté sur « les perspectives d’un accompagnement de la partie chinoise dans la réalisation d’études de faisabilité technique, économique et institutionnelle relatives à plusieurs projets structurants inscrits dans le Plan national de développement (PND) "Tchad Connexion 2030" ». L'amélioration de la mobilité dans la capitale figure en tête de ces priorités avec la création de cette société.
À ce stade, le projet reste formel. Aucun protocole d'accord financier, ni engagement technique détaillé ou encore calendrier d'exécution n'a encore été arrêté à l'issue de cette première rencontre. Le Tchad cherche avant tout un partenaire capable de financer les études préalables pour structurer un marché local aujourd'hui dominé par le secteur privé et informel (minibus, taxis collectifs, moto-taxis). L'enjeu est de remplacer ce modèle par un système doté de grilles tarifaires unifiées, de véhicules aux normes et d'horaires réguliers.
Lire aussi : Transport urbain : le Tchad explore un partenariat avec le suédois Scania pour lancer sa première ligne d’autobus
Pour N'Djamena, une métropole qui abrite aujourd'hui près de 2 millions d'habitants, l'enjeu d'une telle réforme seraient majeure pour les usagers et le tissu économique. Actuellement, l'absence d'une offre publique de transport impose aux ménages une tarification fluctuante et pèse sur la productivité de la ville en raison d'une congestion urbaine non maîtrisée. L'entrée en lice d'un opérateur public soutenu par des capitaux ou une ingénierie chinoise viendrait capter une part de marché, tout en formalisant des emplois dans un secteur jusqu'ici livré à lui-même.
Rappelons que ce projet constitue la troisième tentative de l'État tchadien, qui n'a plus disposé de réseau public urbain. Fonctionnel depuis la faillite de ses deux précédentes sociétés dans les années 1970. Il s'agit de la société Uni Tchadienne créé en 1970 qui a arrêté ses activités en 1972 et la Société Tchadienne de Transport Urbain (STTU) créé en 1972 mais qui a, à son tour disparu en 1973. Cependant, les perspectives de rentabilité d'une future flotte de bus risquent de se heurter au déficit infrastructurel chronique du pays, qui fait exploser les coûts de maintenance des véhicules. Comme le soulignait un rapport de la Banque Islamique de Développement (BID) sur le réseau de transport tchadien, la part des routes bitumées reste extrêmement faible à l'échelle nationale.
Par Ange Daïna Ngouégni (stagiaire)
Lire aussi :Transport urbain : le projet BRT refait surface à Yaoundé, lancement prévu en 2028







