Emmanuel Macron a reconnu que la France avait mené "une guerre" au Cameroun entre 1945 et 1971 contre des mouvements insurrectionnels, avant et après l’indépendance de 1960, rapportent mardi plusieurs médias français.
Dans une lettre adressée au président camerounais Paul Biya, datée du 30 juillet et révélée par la presse française, le chef de l’État endosse les conclusions d’un rapport d’historiens remis en janvier, qui établit "clairement qu’une guerre avait eu lieu (…) marquée par des violences répressives de nature multiple".
Le président français souligne que ce conflit s’est poursuivi "au-delà de 1960, avec l’appui de la France aux actions menées par les autorités camerounaises indépendantes". Il affirme "assumer aujourd’hui le rôle et la responsabilité de la France" dans ces événements, et reconnaît notamment la responsabilité de Paris dans la mort de quatre leaders indépendantistes : Isaac Nyobè Pandjock, Ruben Um Nyobè, Paul Momo et Jérémie Ndéléné.
Lire aussi : Centrafrique: première visite d'un général français depuis 2016
Selon les médias français, le rapport évoque l’application au Cameroun de la "doctrine de guerre contre-révolutionnaire" expérimentée en Indochine et en Algérie, incluant torture, ratissages, arrestations préventives, rafles et déplacements forcés de populations.
Avant l’indépendance, l’UPC (Union des populations du Cameroun), principale force nationaliste, est interdite en 1955. Ses leaders prennent les armes et sont traqués, parfois jusqu’après 1960, par les forces françaises puis camerounaises. Plusieurs dizaines de milliers de personnes périssent.
Cette reconnaissance marque un tournant dans la relation mémorielle entre Paris et Yaoundé. Elle fait suite à l’annonce, en 2022, de la création d’une commission mixte franco-camerounaise chargée de faire la lumière sur cette période trouble de l’histoire coloniale et post-coloniale.
Lire aussi : Nouveau pacte financier : la dette des pays africains ne sera pas annulée

