Comme lors des précédentes éditions, le vice-président régional de la Société financière internationale (IFC), la principale institution de développement du Groupe de la Banque mondiale axée sur le secteur privé, pour l'Afrique, Sérgio Pimenta, était l’une des têtes d’affiche de l’Africa Financial Summit (AFIS) 2024. Cet événement qui, cette année, voit la participation d’un millier de participants venant des quatre coins du continent et représentant l'ensemble de l'industrie financière mondiale, offre pour l’Espagnol « une occasion unique de renforcer notre collaboration et, avec nos partenaires ici présents, de développer des idées novatrices pour soutenir la trajectoire de développement du continent en s’appuyant sur un écosystème financier solide. A Casablanca, la capitale marocaine où a lieu ce sommet cette année, il s’est réjoui de voir cet événement prendre chaque année davantage d’ampleur, « devenant indéniablement l’un des temps forts du secteur financier en Afrique ».
En cette période d'incertitudes sans précédent, a lancé Sérgio Pimenta, le secteur financier africain joue un rôle clé pour la croissance et la prospérité du continent. « D'une part, l'Afrique est confrontée au retrait des banques internationales, à des taux d'intérêt historiquement élevés, et à une volatilité des échanges commerciaux et des devises qui perdure. D'autre part, la numérisation, l'innovation et l'émergence de nouveaux acteurs transforment positivement le secteur financier. Les alarmistes souligneront le fait que la valeur totale des opérations de capital-investissement en Afrique est tombée à son niveau le plus bas depuis plus de cinq ans [soit 5,9 milliards de dollars en 2023]. Ils citeront des sondages qui mettent en avant une baisse à deux chiffres de l'attractivité du secteur financier du continent pour les investisseurs internationaux. Les confiants, quant à eux, souligneront que l'investissement privé en Afrique reste robuste et proche du record historique de 2021, malgré des conditions de marché difficiles [soit 6,3 milliards de dollars en 2022, BEI]. Ils soutiendront qu’une intégration régionale accrue offrirait une opportunité significative pour renforcer la résilience économique et favoriser une croissance inclusive », a-t-il indiqué.
Et d’affirmer, face à ces défis et opportunités, « des décisions audacieuses et des stratégies à long terme sont nécessaires ». Pour lui, aujourd'hui plus que jamais, « l'Afrique doit mobiliser ses capacités financières pour répondre à ses besoins. Les mesures prises aujourd'hui s'avéreront décisives pour les années à venir. À travers nos investissements et services-conseils, nous soutenons l'industrie financière régionale pour mobiliser des capitaux privés essentiels aux priorités de développement du continent telles que la sécurité alimentaire, la création d'emplois, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, l’égalité des genres et l'inclusion financière ». Notons qu’au cours de l'exercice 2024, IFC a engagé près de 3,2 milliards de dollars de financements à long terme dans le secteur financier en Afrique, dont 1,9 milliard en compte propre et un peu plus de 1,2 milliard en mobilisation. Ce montant significatif de mobilisation témoigne, d’après le haut responsable du Groupe de la Banque mondiale, de l’importance accordé aux partenariats dans la réalisation des priorités de développement auxquelles je viens de faire référence. Et cela, y compris dans les pays qui en ont le plus besoin.
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Il estime, à cet effet, que la reconstitution record de 100 milliards de dollars des ressources de l'Association internationale de développement (IDA) constitue une opportunité significative pour le secteur financier. « Grâce à son guichet pour le secteur privé, des sources de financement mixtes et concessionnels peuvent être mobilisées pour soutenir davantage les priorités de développement du continent. Entre autres, nous prévoyons également d’introduire de nouveaux outils pour accroître la mobilisation du secteur privé. À titre d’exemple, notons que lors de notre dernier exercice fiscal, IFC a co-investi dans des obligations régionales. Nous avons aussi joué un rôle d'investisseur de référence dans des fonds où la mobilisation a été déterminante pour leur succès. Des structures innovantes, telles que les mécanismes de partage des risques mis en place dans plusieurs pays, soutiennent ces efforts, pour ne citer que ceux-là ».
Financement agricole
Sérgio Pimenta signale toutefois que Cependant, lever des fonds n’est qu’une partie de l’équation. « Nous devons nous assurer que ces fonds soient utilisés à bon escient. Dans ce contexte, nous entrevoyons trois grandes priorités stratégiques pour permettre à l’industrie financière africaine de jouer pleinement son rôle dans le développement du continent : renforcer le financement agricole pour stimuler la sécurité alimentaire, intensifier les efforts pour accroître l'accès au financement des micro, petites et moyennes entreprises ; et lever des fonds pour atténuer les effets du changement climatique et s’y adapter. Question non moins cruciale, c’est celle liée au financement des MPME, dans un contexte où le risque élevé et le coût pour les institutions financières d’accompagner cette catégorie d’entreprises ont créé un déficit de financement d’environ 331 milliards de dollars en Afrique subsaharienne et de 187 milliards de dollars en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Sergio Pimenta pense, cependant, que l'adoption du numérique, l'amélioration de l'analyse des données, l’utilisation de modèles commerciaux innovants et le développement de partenariats avec les fintechs ont permis aux prestataires de services financiers d’élargir l’accès des MPME aux services bancaires à une vitesse exponentielle. « Favoriser un écosystème propice pour cette dynamique est au cœur de nos interventions dans le secteur financier en Afrique. Nous développons des solutions innovantes pour combler le déficit de financement des MPME.









