L’encours total de la dette mondiale due au Fonds Monétaire Mondial (FMI) s’élève à 112,03 milliards de dollars, soit plus de 67 192 milliards de Fcfa au 30 septembre 2024. Un encours qui a légèrement baissé après s’être situé à 149 milliards de dollars à la fin du premier trimestre, marqué par la persistance des impacts du Covid-19 et de la guerre Russie-Ukraine qui continuent de porter de rudes coups aux finances publiques de plusieurs Etats. Parmi lesquels, le Cameroun. La première économie de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) figue dans le Top 10 des pays africains les plus endettés auprès du FMI à la fin du troisième trimestre 2024.
Avec une dette d’1,13 milliard de dollars (près de 677,7 milliards de Fcfa), le pays bénéficie de programmes économiques soutenus par le FMI, dont le Conseil d’administration a achevé le 3 juillet dernier, les sixièmes revues des accords au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (Medc), ouvrant la voie à un décaissement immédiat de 55,2 millions de DTS (environ 72,7 millions de dollars, soit plus de 46,6 milliards de Fcfa), et la mise à disposition d’une enveloppe supplémentaire de 34,5 millions de DTS (45,4 millions de dollars, soit lus de 27,2 milliards de Fcfa) au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
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Les politiques et réformes mises en œuvre par les autorités camerounais en vue de rétablir la viabilité budgétaire et extérieure du pays et à amorcer une croissance inclusive tirée par le secteur privé ont été saluées à cette occasion par le FMI. « « La croissance de l’économie camerounaise se poursuit malgré un environnement intérieur et extérieur difficile. En outre, même si les risques de dégradation continuent à prédominer, les perspectives à moyen terme du pays sont favorables », peut-on lire dans l’étude de l’institution de Bretton Woods dont une mission séjourne au Cameroun jusqu’au 16 octobre prochain, dans le cadre de la 7e revue du Programme économique et financier appuyé par la FEC et du Medc. Ainsi, dans les mois à venir, la dette du pays vis-à-vis du Fonds devrait s’alourdir un peu plus. Mais pas au point d’égaler l’Egypte.
Cinq Etats africains dans le Top 10 mondial
La nation des Pharaons se classe en effet en tête des pays africains les plus endettés auprès du FMI, avec des crédits s'élevant à 9,8 milliards de dollars, soit 5 877,3 milliards de Fcfa. L’Égypte est le deuxième débiteur du FMI au monde, derrière l’Argentine (31,1 milliards de dollars). L’économie de ce pays s’est détériorée à la suite de la révolution de 2011. Outre les effets du Covi-19 et de la guerre Russie-Ukraine, l’Egypte fait également face aux effets de la guerre que mène Israël à Gaza qui affecte les revenus liés au tourisme et la navigation sur le Canal de Suez. A noter que si l’Egypte est le second débiteur du monde auprès du FMI, il faut dire ses poursuivant directs en Afrique arrivent loin, très loin derrière elle. Il s’agit de l'Angola (2,98 milliards de dollars), le Kenya (2,56 milliards de dollars), le Ghana (2,27 milliards de dollars) et la Côte d'Ivoire (2,24 milliards de dollars) qui se classent dans le Top 10 mondial des plus grands débiteurs auprès du FMI.
Ainsi, au plan africain, ces cinq Etats sus évoqués arrivent devant la République Démocratique du Congo (1,59 milliard de dollars), l'Afrique du Sud (1,52 milliard de dollars), le Cameroun (1,13 milliard de dollars), le Sénégal (1,13 milliard de dollars) et l'Ethiopie (1,09 milliard de dollars) dans le top 10 continental. Autant le dire, bien que les dettes contractées par les pays africains auprès du FMI représentent une part relativement modeste de leur endettement global, elles exercent une pression significative sur leurs économies et leur souveraineté. Cela s'explique par les conditions rigoureuses imposées par le FMI, exigeant souvent la mise en œuvre de réformes profondes telles que les privatisations et la suppression des subventions notamment celle des prix du carburant pour alléger les dépenses publiques.









