(AFP) Le nouveau Haut-commissaire aux réfugiés de l'ONU poursuit jeudi sa visite des camps de l'est du Tchad accueillant un million de Soudanais ayant fui le conflit qui ravage leur pays, qu'il a qualifié de "plus grande crise de déplacement de notre époque". Le conflit opposant au Soudan depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes et en déplacé plus de 14 millions, selon les chiffres cités par M. Saleh qui visitait jeudi le camp d'Iridimi où vivent 49.000 réfugiés soudanais.
"Plus de 1.000 jours de conflit au Soudan ont provoqué une immense souffrance et la plus grande crise de déplacement de notre époque", a déclaré mercredi à l'AFP Barham Saleh, ancien président de l'Irak (2018-2022) et lui-même ancien exilé, qui a pris ses fonctions en janvier à la tête du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). "Le monde doit prêter une bien plus grande attention" au sort des réfugiés soudanais, at-il martelé, estimant que "l'aide [fournie par le HCR] est loin d'être suffisante".
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Premier ancien exilé à diriger le HCR depuis le premier commissaire, le Néerlandais Gerrit Jan van Heuven Goedhart, résistant forcé de fuir l'occupation nazie, M. Saleh a visité le camp de Farchana, créé en 2004 lors d'un précédent conflit au Darfour voisin (ouest du Soudan) et accueillant quelque 56.000 réfugiés, puis celui d'Adré, à la frontière avec le Soudan, abritant 230.000 personnes.
Il a notamment rencontré quatre femmes victimes de violences et de viols dans leur fuite d'El Fasher, grande ville de la province du Darfour prise par les FSR en octobre après 18 mois de siège."Les mêmes types de crimes et violations des droits humains continuent de se répéter au Soudan. La communauté internationale reste silencieuse", a déclaré Hatim Abdallah El-Fadil, un représentant des réfugiés du camp de Farchana, avec qui M. Saleh s'est entretenu. Le Haut-commissaire a salué l'accueil réservé aux réfugiés soudanais par le Tchad, dont les frontières "n'ont pas été fermées" en dépit de "ressources limitées".
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Le Tchad accueille plus d'un million de réfugiés soudanais, a rappelé jeudi à l'AFP la ministre tchadienne de l'Action sociale, Zara Mahamat Issa, "les besoins sont énormes, mais les ressources sont devenues très rares". Elle a dit espérer que M. Saleh "va porter notre voix auprès des batteurs et de la communauté internationale (…) pour que les fardeaux portés par le Tchad soient partagés".
Le HCR, comme de nombreuses autres agences des Nations Unies, a été durement touché par les coupes dans l'aide américaine décidées par le président américain Donald Trump et par la réduction plus générale du financement de certains bailleurs.
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