Le Fonds Monétaire International (FMI) met en garde contre les effets potentiellement déstabilisants de la hausse des taux d’intérêt, un outil de politique monétaire souvent utilisé pour contrer l’inflation. Bien que cette approche soit nécessaire pour stabiliser les prix, des risques de contagion financière pourraient se manifester, mettant à l'épreuve la stabilité des systèmes bancaires, y compris dans des régions comme la zone Cemac, où la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac) à l’image de nombreuses banques centrales dans le monde, a adopté depuis quelques années, une politique monétaire stricte.
En effet, malgré une légère reprise économique, avec une croissance attendue à 3,2% en 2025, les pressions inflationnistes persistent au sein de la sous-région, avec un taux d'inflation de 4,5% en septembre 2024, bien au-dessus de la norme communautaire de 3%. Cette inflation est alimentée par des facteurs internes et externes, notamment l’augmentation des prix des intrants agricoles, les effets des changements climatiques et la pression démographique dans certains pays comme le Tchad, où l'afflux de réfugiés soudanais aggrave la situation.
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Face à ces tensions inflationnistes, la Beac a décidé de maintenir ses taux directeurs élevés. Depuis décembre 2022, le taux d'intérêt des appels d’offres est fixé à 5%, et celui de la facilité de prêt marginal à 6,75%. Ces mesures visent à limiter l’accès au crédit bancaire et à réduire la masse monétaire en circulation, afin de contenir l’inflation. La Beac justifie cette approche par la nécessité de maintenir un contrôle strict de l’inflation tout en stabilisant les équilibres macroéconomiques de la zone Cemac, notamment en renforçant les réserves de change et en protégeant le franc CFA contre des chocs externes.
Or, selon le FMI, bien que la plupart des banques semblent largement couvertes contre les effets de l’inflation, des vulnérabilités existent au sein d’un certain nombre d’établissements financiers, notamment ceux dont le modèle économique est fragile ou mal diversifié. « Dans un contexte d’inflation élevée, le resserrement de la politique monétaire, bien que nécessaire, pourrait entraîner des pertes considérables pour les banques fortement exposées. Cela pourrait pousser les clients et les investisseurs à réévaluer les risques dans toutes les banques et potentiellement provoquer des paniques et une instabilité financière », souligne l’institution de Bretton Woods.
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Le FMI prévient que les banques centrales, tout en poursuivant la hausse des taux pour contenir l’inflation, doivent être vigilantes pour éviter de déclencher des crises financières. En effet, une politique trop agressive pourrait exposer certaines banques à des pertes concentrées, compromettant ainsi la stabilité du système financier dans son ensemble. Dans cette optique, le FMI recommande une approche équilibrée qui prend en compte non seulement la maîtrise de l’inflation, mais aussi la préservation de la stabilité bancaire. Les autorités monétaires doivent renforcer la réglementation et la supervision des banques pour éviter une crise systémique, tout en poursuivant leur lutte contre l’inflation.








