Le thème à lui seul est évocateur : « Développement des capacités organisationnelles et humaines et problématique de déontologie sur le marché des valeurs du Trésor de la Cemac ». Celui-ci découle des inquiétudes de plus en plus insistantes des investisseurs quant à la capacité du marché à rester solvable. Des inquiétudes alimentées d’une part par deux récents défauts de paiement du Trésor congolais. Les 27 et 29 août 2024, le pays a été incapable d’honorer deux échéances sur sa dette d’un montant global de 30,6 milliards de FCFA. Une situation justifiée par des tensions persistantes de trésorerie de ce pays dont la dette publique a frôlé les 100% du PIB à fin 2023.
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Mais de manière globale, les Spécialistes en valeur du Trésor (SVT), reprochent aux Trésors publics communautaires, leur faible capacité à rassurer les investisseurs, le non-respect des échéances de remboursement et le manque de communication avec le réseau d’investisseurs. Des inquiétudes qui interviennent au moment où, apprend-on, les États de la zone Cemac, (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RCA et Tchad), recherchent activement 1 133 milliards de FCFA rien qu’en ce troisième trimestre, pour couvrir leurs besoins de trésorerie.
Engagements et transparence
Face à cette situation, les membres du Cadre permanent de concertation des Trésors publics (CPC-TP) de la CEMAC se sont réunis dans la capitale congolaise du 3 au 5 septembre 2024en vue d’y apporter des mesures correctives. « Nous sommes tous conscients que le non-respect de ces principes (éthiques) pourrait entraîner des conséquences désastreuses, non seulement pour les acteurs individuels, mais aussi pour l'ensemble du système financier de notre région. C'est pourquoi il est impératif que nous nous engagions, de manière résolue et collective, à promouvoir et à respecter les normes éthiques les plus élevées », a indiqué le président du CPC-TP, Raymond Yoka Ikama.
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Pour inverser la tendance, les parties prenante ont pris la résolution de mettre en place en décembre 2024 un code d’éthique et de déontologie qui s’appliquerait aux acteurs du marché les investisseurs. Les SVT pour leur part ont préconisé plus de transparence et exigent des États émetteurs, la fourniture régulière de matière aux banques commerciales afin de faciliter les opérations de mobilisation des fonds. Cela passe par la mise à disposition des situations économiques et financières de l'État, l'animation du réseau des SVT, la communication du chronogramme des interventions de l'État sur le marché ainsi que les résultats des notations financières.
Défis
Mais, pour corriger la tendance actuelle, plusieurs défis devront être relevés : la rationalisation des interventions de l'État, les sorties plus longues que prévues sur le marché des titres publics, la déconnexion des interventions avec les calendriers, les dépenses extrabudgétaires des Etats, la mise en exécution réelle des plans de trésorerie qui, pour l’instant, meublent « les tiroirs », etc. « Tout ça, assure un expert du CPC-TP, cité par la presse locale, ne contribue pas à rassurer les investisseurs. » De plus, les activités d'intermédiaire doivent également être renforcées, car, sur la trentaine des SVT, à peine deux dans toute la Cemac, jouent véritablement leur rôle.
Pour certaines sociétés de bourse présentes à Brazzaville, il est question, à terme, de dynamiser l'attractivité du marché des titres publics de la Cemac à l'international grâce à l’amélioration des politiques budgétaires, l’efficacité de la politique monétaire, la réforme de la fiscalité et le professionnalisme des acteurs du marché.
Les autorités préconisent également la modernisation du mode de gestion de la dette publique ainsi qu’une gestion active de la trésorerie des États. Si pour certains experts, le Compte unique du Trésor, instrument de centralisation et de stockage des dépôts de l’Etat et de ses entités, demeure la voie royale, d’autres estiment que le recours aux souscriptions à taux d’intérêt faible et de longue maturité.








