Après 30 ans d’activités en Guinée Equatoriale, Enbasa, filiale de la société espagnole Commercial Santy, a été scellée selon un communiqué du ministère équatoguinéen de l’Information et de la Presse. Sur ordre du vice-président équato-guinéen, la mise sous scellés est intervenue le 28 février dernier après des plaintes de consommateurs sur l’utilisation de produits chimiques frelatés dans la fabrication des boissons de consommation vendus par l’entreprise. « Suite aux plaintes du public concernant l'utilisation de produits périmés dans l'entreprise Enbasa à Bata, j'ai lancé une enquête et la véracité de cette affirmation a été confirmée » a exprimé Teodoro Obiang Nguema Mangue, vice-président de la République de Guinée Equatoriale, sur son site officiel.
Selon les résultats de l’enquête, ce sont 157 fûts de produits périmés qui ont été retrouvés dans les entrepôts d’Enbasa, dont 6 récemment utilisés dans la fabrication de 3 120 jus. Dans le stock de l’usine, se retrouvent également 36 sacs de chlore, 56 fûts de colorant bleu, 20 boîtes d'extrait de malt, 6 boîtes de concentré de vitamines et 8 boîtes d'antioxydants, entre autres. « La population a consommé toutes ces ordures et l'entreprise était prête à continuer à nous empoisonner sans pitié ni respect pour notre santé » a-t-il commenté.
De son côté, l’entreprise, qui exploite 8 000 m2 de terre dans la ville de Bata, martèle que tous ses produits passent des contrôles de qualité extrêmement sévères, respectant l’engagement pris dès sa fondation. Elle rappelle d’ailleurs que la société spécialisée dans la production et de mise en bouteilles d’eau minérale, de jus et de vins produit et commercialise 20 millions de litres de boissons chaque année, couvrant 15 % de la demande nationale.
Sanction à large spectre
« Tout cela se produit parce que les inspecteurs du commerce considèrent que leur travail consiste à percevoir les salaires dans leurs bureaux, tandis que les entreprises nous tuent à petit feu », a déclaré le vice-président, remonté. Ainsi, en plus de la suspension des activités de l’entreprise, l’exécutif équato-guinéen a pris d’autres mesures immédiates notamment les poursuites judiciaires contre le manager et le responsable de la production et de la qualité de l’entreprise ainsi que le licenciement de tous les inspecteurs sanitaires de Bata pour négligence. Pour sa part, Don Juan José Ndong Tom, ministre de l’Agriculture et chef du département du contrôle de la qualité des aliments a vu son salaire du mois dernier être retenu.



