Au Cameroun, le cours du café arabica [variété de café la moins consommée], a bondi de 52% entre décembre 2024 et janvier 2025 selon les données compilées par l’Office national du cacao et du café (Oncc). Le prix de référence du café arabica a atteint 4 736 Fcfa/Kg sur le tableau des prix quotidiens de l’Office, le 24 janvier dernier, signant un record historique après celui de la fin de la campagne caféière 2023/2024 où la fève s’échangeait à 3 103 Fcfa/Kg.
Cette hausse devrait se poursuivre tout au long de l’année 2025 comme pour tous les pays producteurs selon les analystes des marchés des matières premières de l’Organisation internationale du café (OIC). Aussi, après plusieurs saisons de baisses, les recettes devraient afficher une hausse de plus de 50% à la fin de la campagne en cours (2024/2025), dépassant pour la première fois la barre des 1 milliard de Fcfa (soit près de 1,3 milliard de recettes projeté) malgré une production annoncée à la baisse.
« L’offre sera limitée à cause des aléas climatiques, cependant cela ne changera pas la situation. La conjoncture sur le marché du café restera favorable pour les pays exportateurs à hauteur de 80% pour les grands exportateurs comme le Brésil, l’Ouganda ou encore l’Ethiopie et de l’ordre de 50% pour les plus petits tels que Madagascar, Cameroun, Rwanda, Burundi » a précisé l’organisation en accord avec les projections de la Banque mondiale dans la dernière édition du Commodity Markets Outlook.
Vers une hausse des revenus des petits producteurs ?
Selon la coopérative française Ethicable, le marché du café est le 2ème marché le plus spéculatif après celui du pétrole ce qui a tendance à profiter aux exportateurs et maintenir les petits producteurs sous le seuil de la pauvreté alors que ces derniers assurent 2/3 de la production mondiale. La situation est quasiment identique au Cameroun où les paysans produisent près de 100% de la production nationale de café pour une rémunération des plus faibles, fragilisant leur résilience face aux défis climatiques.
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« Les prix de ventes importants qui sont affichés à l’Oncc ne profitent qu’aux exportateurs. Ils achètent chez nous à vil prix et revendent 100 fois plus à l’international […] si notre filière reçoit la même attention que celle du cacao de la part du gouvernement, l’on pourrait mettre en pratique le commerce équitable qui garantirait un prix minimum homologués pour les paysans. Au moins 20% contre moins de 5% actuellement avec les 80% restant destinés aux géants de négoce et transformateurs », a déclaré Edward Botolo, producteur de café propriétaire de 7 hectares de cultures dans le Nord-Ouest. Toutefois, l’Oncc, de son côté, revendique une « meilleure rémunération des producteurs qui ont perçu des prix plus attractifs lors de la campagne 2023/2024 par rapport à ceux de la campagne 2022/2023 ».
A noter que, le Cameroun était classé 8ème pays producteur de café en Afrique avec une moyenne de 35 000 tonnes de café produites entre 2020 et 2022 avant de chuter à moins de 15 000 tonnes les années d’après. Améliorer les conditions de travail et la rémunération des producteurs pourraient, selon Edward Botolo, ramener la production locale à ses belles années et booster davantage les recettes.



