La Banque mondiale vient de publier son rapport sur « l’État des lieux de l’économie africaine » (anciennement Africa’s Pulse), dans lequel l'institution de Bretton Woods révise à la baisse les perspectives de croissance du Cameroun. Les prévisions passent ainsi de 3,7 % en octobre 2025 à 3,4 % en avril 2026, soit une réduction de 0,3 point qui souligne les défis persistants auxquels fait face l'économie camerounaise.
Ces projections de la Banque mondiale se situent légèrement au-dessus de celles du Fonds monétaire international (FMI) qui, à l'issue de ses consultations du 30 mars dernier, table sur une croissance de 3,3 %, contre 3,1 % l'année précédente. À l'inverse, le gouvernement de Yaoundé affiche un optimisme plus marqué : dans sa loi de finances publiée le 17 décembre 2025, il table sur une embellie à 4,3 % pour 2026, après les 3,9 % enregistrés en 2025.
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La Banque mondiale ne donne pas les raisons de cette révision à la baisse des prévisions économiques du Cameroun. Mais dans son rapport d’octobre, l’institution financière alertait sur le fait qu’un « risque d’incident s’accroît à l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025 ». Dans un rapport publié en janvier 2026, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gécam), la plus grande organisation patronale du pays a évoqué les conséquences de la crise postélectorale pour notamment pour le secteur privé.
En effet, a souligné le groupement présidé par Célestin Tawamba, le choc économique enregistré par le secteur privé est majeur, la crise a entraîné une contraction moyenne du chiffre d'affaires de 33,5%, correspondant à une perte directe estimée à 202,2 milliards FCFA soit environ 0,6% du PIB projeté en 2025. À elle seule, la ville de Douala concentre près de 80% de ces pertes, avec un manque à gagner quotidien évalué à 22,4milliards FCFA durant la période critique. Au total, 94% des entreprises impliquées déclarent avoir été affectées, directement ou indirectement, par les événements.
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Concernant les cinq autres pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque mondiale a également ajusté ses perspectives : la RCA voit sa croissance ramenée à 2,3 %, contre 2,7 % en octobre 2025, tandis que le Congo maintient ses prévisions initiales à 3,7 %. Du côté de Libreville, alors que les une révision à la baisse par rapport aux 3,7 % projetés sept mois plus tôt. La situation est plus critique en Guinée équatoriale qui, malgré une prévision initiale de 0,4 %, devrait finalement s'enfoncer en récession avec un taux de -3,5 %. À l'inverse, le Tchad crée la surprise : après des prévisions de 3,7 % en octobre, il devrait bondir à 5,2 % en 2026, signant ainsi la meilleure performance de la zone CEMAC.



