La deuxième session ordinaire de l’année législative s’est ouverte ce mardi 10 juin 2025 au Parlement camerounais. Dans son allocution, le très honorable Cavaye Yéguié Djibril a souligné l’importance cruciale de la Carte nationale d’identité, indispensable pour l’inscription sur les listes électorales à seulement quatre mois de l’élection présidentielle. « Pour s’inscrire sur les listes électorales, la carte nationale d’identité constitue un document incontournable », a rappelé le président de la Chambre basse.
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Membre du parti au pouvoir (RDPC), Cavaye Yéguié Djibril a vivement critiqué les dysfonctionnements constatés, notamment dans sa circonscription du Mayo-Sava (Extrême-Nord). « Plusieurs arrondissements n’ont toujours pas reçu les éléments nécessaires, ni de la part d’Elecam, ni pour la production des cartes d’identité. J’ai demandé à plusieurs reprises que ces éléments soient envoyés à Mora, sans succès jusqu’à présent. Je demande donc aux responsables de procéder à cet envoi dès demain », a-t-il exigé.
Des procédures jugées lourdes et coûteuses
Ces difficultés d’accès à la CNI persistent, alors même que le 13 mai 2024 à Yaoundé, un contrat avait été signé entre la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN) et le consortium germano-portugais Incm-Augentic, pour la mise en œuvre d’un nouveau système d’identification sécurisé. La promesse ? Une carte délivrée sous 48 heures, distribuée sur tout le territoire.
Pourtant, les députés dénoncent un constat bien différent. L’honorable Koupit Adamou (Union démocratique du Cameroun) déplore des délais rallongés et des coûts additionnels dépassant largement les 10 000 FCFA annoncés officiellement. « En novembre dernier, lors des débats budgétaires, nous avions interpellé le gouvernement sur la facilité et le coût de la nouvelle procédure, avec la garantie d’un prix unique de 10 000 FCFA pour une délivrance rapide. Or, aujourd’hui, l’accès est devenu un véritable parcours du combattant : les postes d’identification ont été fermés dans plusieurs localités, renvoyant les citoyens aux seuls chefs-lieux de régions. Cette situation double, voire triple, les frais selon le lieu de résidence, sans compter la longueur croissante des procédures de pré-enrôlement », a-t-il dénoncé.
Un système en perpétuelle évolution
Rappelons que le Cameroun a revu à plusieurs reprises son dispositif d’établissement des CNI au cours des dix dernières années. Le système Senac (Système de sécurité de la nationalité camerounaise), opéré pendant une décennie par l’entreprise française Thales, avait été abandonné fin 2014. Une tentative de reprise par l’espagnol Indra n’a pas duré, avant que Gemalto ne prenne le relais en 2015. Deux ans plus tard, Gemalto a été racheté par Thales, qui avait quitté le marché trois ans plus tôt.
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