La Cameroon Development Corporation (CDC), géant agro-industriel public camerounais basé dans la région anglophone du Sud-Ouest, a enregistré une perte nette consolidée de 20 milliards FCFA en 2025, après un bénéfice exceptionnel de 45 milliards FCFA un an plus tôt. Selon les états financiers consultés par EcoMatin, le retour dans le rouge reflète surtout les difficultés persistantes d’exploitation de l’entreprise dans les régions anglophones en crise, où les violences séparatistes continuent de perturber fortement les activités agricoles.
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Le bénéfice record affiché en 2024 n’était pas lié à une amélioration spectaculaire des performances opérationnelles de la CDC, mais principalement à l’opération de sauvetage engagée par Yaoundé. L’État avait alors repris à sa charge plus de 24 milliards FCFA de dettes sociales envers la CNPS, près de 36 milliards d’arriérés de salaires ainsi qu’environ 14 milliards FCFA de dettes fiscales, permettant de redresser temporairement les comptes de l’entreprise.
Mais en 2025, les difficultés structurelles ont rapidement refait surface. Les auditeurs de Forvis Mazars Cameroun évoquent « deux mois de pic de production du caoutchouc perdus » à cause des lockdowns imposés par des groupes séparatistes armés. Le rapport mentionne également « l’assassinat de plusieurs superviseurs agricoles » dans certaines plantations du Sud-Ouest.
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Conséquence : plus de la moitié des plantations d’hévéa et 36 % des plantations matures de palmier n’ont pas été exploitées en 2025. La production de caoutchouc a chuté à 4 624 tonnes contre un objectif de plus de 11 000 tonnes, tandis que la production d’huile de palme est restée très inférieure aux prévisions. Pour éviter l’effondrement du groupe, l’État camerounais avait repris à sa charge plus de 24 milliards FCFA de dettes sociales envers la CNPS, près de 36 milliards d’arriérés de salaires et environ 14 milliards de dettes fiscales. Un nouveau prêt de 51 milliards FCFA a encore été signé en septembre 2025 pour soutenir l’entreprise.
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Malgré ces difficultés, la filière banane continue de soutenir partiellement l’activité. La production a progressé à 43 690 tonnes en 2025, contre 34 288 tonnes un an plus tôt, grâce à des plantations situées dans des zones relativement moins exposées aux violences









