Dans son rapport de consultation 2026 publié le 6 avril, le Fonds monétaire international (FMI) met en garde contre les risques croissants liés à la montée de l’État camerounais dans le capital des banques, estimant que cette présence « amplifie les risques de gouvernance et budgétaires ».
L’alerte intervient dans un contexte marqué par plusieurs opérations de sauvetage et de reprise. Depuis la nationalisation d’Union Bank of Cameroon en 2021, après le rachat des parts d’Ecobank, l’État a consolidé sa présence dans Commercial Bank Cameroun (CBC), placée sous administration provisoire puis recapitalisée. Il conserve également des positions majoritaires dans NFC Bank et la Banque camerounaise des PME. À cela s’ajoute le processus engagé autour de Société Générale Cameroun, où l’État a signé en 2025 un accord ouvrant la voie à une reprise transitoire des parts cédées par le groupe français, avant la recherche d’un investisseur stratégique.
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Au total, selon le FMI, l’État détient désormais des participations majoritaires dans huit des dix-neuf banques du pays, à la faveur de récents renflouements, acquisitions et restructurations prudentielles. Même si le Fonds ne cite pas nommément tous les établissements concernés, cette configuration fait désormais de la puissance publique un actionnaire de premier plan dans près de 42 % du système bancaire camerounais. Une situation qui, selon Washington, « accroît l’exposition aux conflits d’intérêts et aux vulnérabilités opérationnelles ».
Si les autorités camerounaises mettent en avant le caractère « temporaire » de ces interventions, le FMI cible surtout les retards observés dans le désengagement de certaines banques ayant fait l’objet de restructurations. C’est notamment le cas de CBC, passée sous contrôle public depuis 2018. En 2024, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, avait annoncé un plan de désengagement censé s’achever la même année. Mais à ce jour, le choix d’un repreneur n’est toujours pas arrêté, tandis que le scénario d’une introduction en Bourse continue de patiner.
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Pour cette raison, l’institution recommande « un renforcement du suivi, des restructurations ciblées et des plans de résolution crédibles », afin d’éviter que ces établissements ne deviennent des centres permanents de consommation de ressources publiques.
Dans cette perspective, le FMI préconise également la mise en place d’un « cadre réglementaire clair pour la gestion des banques publiques par l’État », avec des règles précises en matière de gouvernance, de supervision, de nomination des dirigeants et, le cas échéant, de désengagement progressif.













