Selon une note annuelle de l'Institut national de la statistique (INS) sur l'évolution de l'inflation au Cameroun en 2024 et les perspectives pour 2025, le pays a déboursé 214 milliards de Fcfa pour importer du blé en 2024. Cette somme représente une augmentation significative de 20 % par rapport à 2023, où le gouvernement avait consacré 178,3 milliards de Fcfa pour l'achat de 883 000 tonnes de blé sur les marchés internationaux.
Lire aussi : Cameroun : les importations de blé bondissent de près de 40% au 1er semestre 2024
Pour expliquer cette hausse des importations en 2024, l'INS met en avant deux facteurs principaux : une forte demande intérieure et une vulnérabilité accrue aux chocs externes, notamment les fluctuations des prix mondiaux des denrées alimentaires et les tensions géopolitiques. Face à ces défis, l'institut recommande au Cameroun de poursuivre ses efforts pour renforcer sa production locale. « Il est essentiel d'adopter des politiques ambitieuses afin de réduire la dépendance aux importations et d'améliorer la résilience du pays face aux crises économiques et alimentaires », conclut le statisticien national.
Objectif du gouvernement en doute
Cette dépendance croissante aux importations de blé compromet toutefois les ambitions du gouvernement de réduire ces achats extérieurs de 35 % d'ici 2028 tout en visant une production locale de 3,5 millions de tonnes de blé marchand. En décembre 2023, Gabriel Mbaïrobe, ministre de l'Agriculture et du Développement rural (Minader), avait annoncé un investissement de 417 milliards de Fcfa sur la période 2024-2028 pour renforcer la production et la transformation du blé au Cameroun. Cette stratégie vise également à consolider la politique d'import-substitution mise en œuvre depuis 2021.
Bien que le gouvernement camerounais affiche sa volonté de réduire la facture des importations de blé, les défis structurels liés à la demande intérieure croissante et aux aléas des marchés internationaux rendent cet objectif particulièrement ambitieux. L'accroissement de la production locale apparaît donc comme une priorité cruciale pour assurer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations.



