Selon le Rapport sur l’économie camerounaise en 2024 publié par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), les investissements privés au Cameroun se sont établis à 571,9 milliards FCFA en 2024. Il s'agit d'une baisse de 38,4 milliards FCFA (-6,29 %) par rapport à 2023, où le volume atteignait 610,3 milliards FCFA. C’est la première fois depuis 2017 qu’une telle contraction est observée dans un secteur jusqu’ici porté par une dynamique haussière avec une progression annuelle moyenne de 7 %, selon les données du Minepat.
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Ce ralentissement était néanmoins prévisible, à en croire l’évolution de la fonction "investissement privé" au cours de l’année. En effet, les comptes nationaux du 4e trimestre 2024, publiés par l’Institut national de la statistique (INS), indiquent que « l’évolution des investissements privés reste plus modérée, avec une hausse de 2,1 %, après deux trimestres consécutifs de baisse ». Ce repli est principalement lié à une contraction de la demande dans les segments de la fabrication de machines et appareils électriques, ainsi que des meubles.
Portefeuille des projets agro-industriels
Selon le rapport du Minepat, les opérateurs des secteurs agricole et agroindustriel sont ceux qui ont le plus contribué à cette enveloppe (68%). Pour ce qui est du domaine agricole, les groupes NJS et Hydrochem ont respectivement financé la construction d’une usine de production d'aliments pour animaux à Yaoundé (100 000 tonnes/an) pour 5 milliards FCFA et une usine de production d’engrais chimiques à Douala (120 000 tonnes/an). Les opérateurs du secteur agroindustriel décomptent pour leur part 6 grands projets : la construction de deux usines de transformation de cacao de 52 milliards FCFA à Bonaberi et Mbankomo (Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Elevage et des Forêts) ; la construction d’une unité de transformation de blé de 29 milliards FCFA à Douala (32 000t/an, par World Food Industry) ; la construction d’une usine de production de boissons de 60 milles hl/an (Swiss African Premium Beverage ‘’SAPB‘’) ; la construction d’une usine de production d’eau minérale et de boissons gazeuses à Tiko pour 36 milliards FCFA. SABC boucle la liste avec la rénovation de sa ligne de conditionnement de bouteilles en verre de son usine de Bafoussam (35 000 bouteilles/h) et l'accroissement de la capacité en verre à 1,6 million d’hectolitres ; tous deux financés grâce au plan d’investissement triennal de 50 milliards FCFA.
Dans le secteur des matériaux de la construction
Le rapport du Minepat récence 5 principaux projets : la construction et la mise en service de nouvelles unités de production de la cimenterie Cimaf à Douala (26 milliards FCFA) ; celle d’une usine de Cimpor à Kribi (10 milliards FCFA) ; la cimenterie de Sinafcim à Edea ; une usine de fabrication des carreaux et de produits céramiques à proximité de Kribi (36 milliards FCFA) ete la construction d'unité industrielle de production de carreaux dans le Moungo (900 millions FCFA) entre autres.
Quid du secteur des services
Dans le secteur des services, on peut citer la construction de l’immeuble siège de la CCA Bank à Douala pour 10 milliards FCFA ; le lancement de la construction de la direction nationale BEAC à Yaoundé à hauteur de 40 milliards FCFA dont l’achèvement est annoncé pour 2026. Le projet de construction du Radisson hôtel à Yaoundé apparaît également dans la liste du fait de la restructuration qui a entraîné un report de la date d’achèvement des travaux au premier semestre de l’année 2026 et le relèvement du coût à 50 milliards FCFA.
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Toutefois, faut-il le souligner, le gouvernement revendique avoir soutenu les activités des opérateurs économiques grâce à des financements internes, notamment dans les secteurs de la cimenterie et la transformation du cacao. Sur ce point, le rapport révèle que pour l’exercice sous revue, les taux d’exécution des produits d’investissements publics se chiffre à 70,4% et 63,5% sur des enveloppes respectives de 1 689,3 milliards FCFA en Autorisation d’Engagement (AE) et 1 604,1 milliards FCFA en Crédits de Paiement (CP), mises à disposition conformément à la Loi de finance rectificative de 20 juin 2024. En somme, les investissements publics ont cru de 17,8 % et le nombre de projets financés et soutenus est passé à 5 884 au terme de l’année 2024, avec un accroissement de 799 nouveaux projets répartis dans sept secteurs (infrastructures, industrie, santé, éducation, gouvernance …).
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