En l'espace de 25 ans, le Cameroun a vu la valeur de ses ressources pétrolières chuter de moitié. C’est ce que révèle le rapport pays 2025 de la Banque Africaine de Développement (BAD), qui s'appuie sur les données de la Banque Mondiale. Selon la BAD, la valeur des réserves de pétrole camerounaises est passée de 6776 millions de dollars US (soit environ 4 065,6 milliards de Fcfa au taux de 600 Fcfa/USD) en 1995 à seulement 3388 millions de dollars US (soit environ 2 032,8 milliards de Fcfa) en 2020. Cette baisse spectaculaire de 50% met en lumière une tendance structurelle alarmante pour l'économie du pays.
« La valeur du capital naturel non renouvelable a chuté de 57 %, traduisant l’épuisement progressif des ressources extractives ou leur faible valorisation économique », explique l'institution panafricaine comme principales raisons de cette dépréciation. Concrètement, les données dudit capital composé du pétrole, gaz et les ressources minières du Cameroun, est passée de 17 476 millions USD (soit environ 10 485,6 milliards de Fcfa) à 7 517 millions USD (environ 4 510,2 milliards de Fcfa) au cours de la période sous-revue. Cette tendance est largement portée par la chute de la valeur du pétrole. Ce déclin pourrait traduire une diminution des quantités de réserves prouvées exploitables, ou une incapacité à maximiser les revenus tirés de ces ressources sur les marchés internationaux.
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Cette érosion de la valeur du capital pétrolier se répercute directement sur les finances publiques du Cameroun, se corrélant avec une tendance baissière des recettes et des perspectives futures. En effet, les revenus pétroliers ont diminué de 877,0 milliards de Fcfa en 2023 à 688,7 milliards de Fcfa en 2024. Cette chute se poursuit en 2025, où le gouvernement a révisé à la baisse ses prévisions de recettes pétrolières de 734,8 milliards de Fcfa (Loi de finances initiale) à 641,5 milliards de Fcfa, soit une diminution de 12,7%. Les perspectives à moyen terme, détaillées dans le Document de Programmation Économique et Budgétaire à Moyen Terme du ministère de l’Economie, confirment une accentuation de cette tendance : les recettes pétrolières sont projetées à 609,5 milliards de Fcfa en 2026, et même à 563,1 milliards de Fcfa en 2027, avant une légère remontée à 589,5 milliards de Fcfa en 2028. Le risque direct de cette situation est la fragilité budgétaire avec impact sur la capacité de l'État à financer ses dépenses.
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Malgré cette chute de valeur, le secteur pétrolier demeure un contributeur clé aux finances publiques camerounaises. En 2024, les revenus pétroliers ont représenté 13,8% des recettes internes totales de l'État. Par ailleurs, les impôts sur les sociétés pétrolières devraient générer 146,0 milliards de Fcfa en 2025, illustrant le rôle fiscal non négligeable de ce secteur. Cependant, la perte de moitié de la valeur de ses ressources pétrolières sur un quart de siècle n'est pas un phénomène isolé, mais la confirmation d'un défi structurel lié à l'épuisement progressif de cette ressource non renouvelable. Cette réalité persistante, désormais corroborée par des données sur le long terme, accentue l'urgence pour le pays de diversifier ses sources de revenus et de mettre en œuvre des politiques de développement axées sur des secteurs plus durables pour assurer sa stabilité économique future.
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