En difficulté depuis près d’une décennie, la société agro-industrielle publique PAMOL Plantation Plc veut relancer ses activités à travers un vaste plan stratégique de redressement de 36 milliards FCFA. Présenté le 16 mai à Limbe par le directeur général Mbile Tapea Solomon, le programme a déjà été transmis au gouvernement camerounais pour examen et validation.
Étalé sur dix ans, ce plan vise à restaurer durablement les capacités de production du troisième acteur historique de la filière huile de palme au Cameroun, derrière la Cameroon Development Corporation (CDC) et SOCAPALM. L’annonce intervient dans un contexte social tendu, marqué par des retards récurrents de paiement des salaires et une forte dégradation de l’outil de production.
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Selon la direction générale, l’entreprise accuse actuellement deux mois d’arriérés de salaires pour les ouvriers des plantations et trois mois pour les autres catégories du personnel. PAMOL fait également face à une série de contraintes structurelles, notamment la vétusté de ses huileries, le vieillissement des plantations et l’état dégradé des routes d’exploitation.
« Entre 60 % et 70 % des palmiers ont dépassé leur durée de rentabilité économique », a expliqué le directeur général. La fermeture de certains domaines entre 2018 et 2019, dans un contexte de crise sécuritaire dans les régions anglophones, a également contribué à fragiliser davantage l’entreprise.
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Conséquence, PAMOL estime perdre près d’un milliard FCFA de revenus chaque année. En 2025, la société n’a produit que 2 556 tonnes d’huile de palme, contre 3 690 tonnes en 2024, qui représentait pourtant son meilleur niveau depuis 2021. Avant le déclenchement du conflit séparatiste dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest fin 2016, l’entreprise produisait environ 14 000 tonnes par an et employait plus de 3 000 personnes. Elle fonctionne aujourd’hui avec moins de 1 000 employés.
Le programme de relance prévoit notamment la construction d’une nouvelle huilerie moderne, la réhabilitation des unités existantes, le renouvellement progressif des plantations vieillissantes ainsi que la remise à niveau des routes internes, des logements sociaux et des infrastructures sanitaires.
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La direction indique que des discussions sont en cours avec l’État et plusieurs partenaires financiers afin de mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre du projet. À terme, PAMOL ambitionne de porter sa production annuelle à 36 000 tonnes d’huile de palme et de générer environ 21 milliards FCFA de chiffre d’affaires par an. Le plan prévoit également la création de près de 2 000 emplois afin de retrouver les effectifs d’avant-crise.

