Huit entreprises camerounaises exerçant dans des secteurs aussi variés que l’agro-industrie, la cosmétique, les eaux minérales ou encore le BTP viennent d’obtenir le statut d’«Origine Cemac» qui leur confère, la libre circulation en franchise de douane sur le marché communautaire. Cette décision a été actée lors des travaux de la réunion conjointe du Comité statutaire de l’origine (instance de la Cemac chargée de déterminer les pays d’origine des produits pouvant bénéficier de la libre circulation dans cet espace communautaire à six pays) et le Comité statutaire de la valeur, réunis du 09 au 13 décembre 2024 à Bangui, la capitale de la République centrafricaine.
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Si globalement les entreprises bénéficiaires sont issues des six pays de la sous-région, le Cameroun comme lors des sessions précédentes domine largement la liste, avec des géants tels que Hoka Industrie, l’unité de production du détergent Madar, la mayonnaise et margarine Roma (20 produits) ; Cimpor Cameroun, spécialisée dans l’industrie du ciment, béton prêt à l’emploi, agrégats, mortier sec et sacs en papier (3 produits) ; Sweet Choco qui fait dans la production du chocolat à base de cacao local (5 produits). Et aussi : Jamalia Group production spécialisée dans la commercialisation de friandises (6 produits) ; Keda Cameroon Ceramics Limited qui fabrique les matériaux de construction moderne tels que les carreaux céramiques, les briques et le verre architectural (6 produits) ; M&M Products Sarl fabrication et distribution de produits cosmétiques naturels (26 produits) ; Sika Cameroon (55 produits) et Top Food Cameroun (10 produits) s’ajoutent à la liste des sociétés disposant d’un fort potentiel d’exportation vers le marché communautaire avec désormais un peu plus de 500 produits made in Cemac.
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Selon la règle d’origine en vigueur dans la zone Cemac, pour bénéficier des avantages qu’offre la libre circulation, les entreprises doivent remplir certaines conditions. Il s’agit de l’utilisation de la matière première locale à 100% ; de l’incorporation, en valeur, d’au moins 40% des matières premières locales et de l’incorporation d’une valeur ajoutée locale supérieure ou égale à 30% dans la fabrication du produit. La libre circulation est en ce sens un vecteur de facilitation de la stratégie d’import-substitution, éléments essentiels d’amélioration de notre balance commerciale. Les données commerciales intracommunautaires indiquent une augmentation des échanges. Car, de 2018 où les échanges intracommunautaires ne représentaient que 2% des flux commerciaux avec le reste du monde, ce taux est passé à 3,5% en 2022, puis à 3,9% en 2023.
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Si cette légère progression semble encourageante, elle demeure toutefois en deçà des attentes ». Car à en croire Faustin Archange Touadera président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cemac, « sur un total de plus de 33 milliards de dollars d’échanges import-export, le commerce intracommunautaire en 2023 ne dépasse pas 1,3 milliard de dollars [environ 781 milliards de Fcfa, Ndlr] ». Pour lui, « ces chiffres sont les miroirs de nos faiblesses et illustrent bien la nécessité d’un renforcement des échanges à l’intérieur de notre espace communautaire ».










