La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) prévoit de créer un institut technologique et bancaire destiné à « former les futures élites de la finance » de la CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, RCA, Guinée équatoriale), a annoncé mardi son gouverneur Yvon Sana Bangui, dans son allocution lors de la conférence des Chefs d’États.
Dénommé Institut Technologique, Bancaire et Financier d'Afrique Centrale (ITB-FAC), le projet, inscrit dans le Plan stratégique 2026-2030, n’a pas encore de calendrier ni de coût officiel. Il devrait toutefois voir le jour avant la fin de ce programme.
Deux autres infrastructures sont envisagées à savoir un hôpital de référence au Cameroun pour réduire les évacuations sanitaires et un laboratoire d’ingénierie logicielle. « Ce programme audacieux doit faire de la BEAC une institution résiliente et crédible, à l’avant-garde du numérique », a déclaré Sana Bangui devant les chefs d’État de la sous-région.
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D’après le Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts (CIE) en Afrique centrale, les diplômés issus des universités et écoles de la sous-région restent insuffisamment préparés au marché du travail. Dans son rapport « Renforcer les compétences pour la diversification économique en Afrique centrale » publié en 2021, l’institution souligne l’inadéquation persistante entre formations et besoins économiques. Au Cameroun, près de 70 % des étudiants sont orientés vers les filières non scientifiques, tandis qu’au Tchad seuls 2 % se dirigent vers les disciplines techniques. Un déséquilibre généralisé qui freine les politiques de diversification et limite la compétitivité des économies. Dans le secteur financier en particulier, cette faiblesse entretient une dépendance vis-à-vis des formations à l’étranger.
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En parallèle, la BEAC a engagé un ambitieux programme immobilier couvrant la période 2025-2030. Au Cameroun, les travaux de la nouvelle Direction nationale à Yaoundé sont en cours, tandis que des études ont été lancées pour une agence à Limbé, une deuxième tour du siège central et un centre de formation. En Centrafrique, une implantation est prévue à Bouar. Au Congo, un projet d’agence est à l’étude à Dolisie. Au Gabon, les travaux de l’agence de Mouila ont démarré et le chantier du siège de la COBAC à Libreville doit être lancé sous peu. En Guinée équatoriale, une agence est prévue à Mongomo, et au Tchad, le démarrage des travaux de l’agence d’Amdjarass est annoncé comme imminent.
Ces annonces interviennent après des résultats records. Le bénéfice net de la BEAC est passé de 14,4 milliards FCFA en 2018 à 355 milliards en 2024. La Banque a versé 100 milliards de dividendes aux États actionnaires et porté son capital de 132 à 353 milliards en mars 2025.



