elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Cemac : le marché des titres publics sous haute tension

Alors qu’il s’est imposé au cours de ces dernières années comme une place de choix pour la levée de fonds pour les trésors de la CEMAC, le marché des titres publics de la BEAC peine aujourd’hui à satisfaire aux besoins de financement des États. Politique monétaire, profils des émetteurs, faible activité sur le marché secondaire…, pourquoi malgré la liquidité abondante, les investisseurs de la région rechignent à prêter aux États.

Publiée lundi 23 octobre 2023 à 14:18:02Modifiée lundi 23 octobre 2023 à 14:18:07Temps de lecture 7 minPar Simon Pierre Mbarga

Siège Beac
Siège Beac

Il y’a comme un air de crise de liquidités sur le marché monétaire de la Banque des États d’Afrique centrale(BEAC). Selon le rapport « Statistique mensuelle des valeurs du trésor » que vient de commettre la banque centrale, le taux moyen de souscription des Spécialistes en valeurs du Trésor aux opérations de levée de fonds des États de la CEMAC est passé de 89% en janvier 2023 à 66,5% en juin avant de plonger à 54,9% au mois d’ août. Traduction : les investisseurs réduisent au fur et à mesure leurs prêts aux États.

Cette tendance est encore perceptible sur les dernières opérations. Au cours de la semaine du 9 au 13 octobre dernier, le Trésor gabonais émetteur de BTA de 20 milliards FCFA sur le marché des adjudications n’a obtenu que 1,1 milliard de FCFA soit un taux de souscription de 5,5%. Libreville peut s’estimer heureux car une seconde opération d’abondement de 20 milliards FCFA a été déclarée infructueuse. Malgré 2 remboursements effectués le même jour pour un paiement global de 5,7 milliards de FCFA, le Tchad n’a pas mieux fait que 3,3 milliards sur 7 milliards recherchés via des BTA de 52 semaines soit moins de la moitié. Le Congo pour sa part s’en est tiré avec un peu plus de 16,7 milliards FCFA sur un objectif de 25 milliards FCFA. Jadis émetteur de référence sur le marché de la CEMAC, le Cameroun n’échappe pas à cette vague d’échecs. Une semaine plus tôt, le Trésor camerounais n’avait capté que 9,5 milliards FCFA sur des BTA de 26 semaines alors qu’il avait émis un besoin 20 milliards.

Lire aussi : Marché des titres publics de la Beac : la dette du Congo augmente de près de 11 500% en 5 ans

L’envolée des taux

Pourtant, les banques principales investisseurs sur le marché disposent d’ un volant de liquidités assez intéressant. Au 30 juin 2023, la cinquantaine de banques en activité dans la région affichait un excédent de liquidités de plus de 7600 milliards FCFA en hausse de 44%.  En effet, si les États échouent autant, lors des séances d’adjudication, c’est parce que les rendements sollicités par les investisseurs sont particulièrement élevés. Sur l’opération du Cameroun évoquée plus haut, les investisseurs ont sollicité jusqu’à 6% d’intérêts mais le pays a préféré se limiter aux offres se situant en dessous de 5,7%. La courbe des taux sur le marché est assez illustrative de ce durcissement des conditions d’emprunts. Selon la BEAC, le coût moyen des BTA sur le marché est passé de 5,39% en janvier à 6,29% en septembre tandis que les OTA, qui sont les titres de longue maturité, sont passés de 8,66% à 8,75%. Sur cet instrument, en dehors du Cameroun, aucun État d’emprunte en dessous de 8%. Le Tchad et la RCA paient même des taux de rémunération à 2 chiffres.

Lire aussi : Marché des titres publics : le Cameroun collecte 9,5 milliards sur une émission de 20 milliards de Fcfa

Politique monétaire rigide

Le durcissement des conditions d’emprunts sur le marché monétaire est corrélé à plusieurs facteurs dont l’un d’eux est le resserrement de la politique monétaire en amont par la Banque centrale pour endiguer la hausse de l’inflation. La BEAC a relevé son taux directeur de 50 points de base à 5 % fin mars 2023 pour maîtriser la hausse de l'inflation et soutenir l'accumulation de réserves extérieures, soit une augmentation cumulée de 175 points de base depuis novembre 2021. Elle a également resserré les conditions de refinancement des banques, en mettant fin à ses injections hebdomadaires de liquidités dans le marché monétaire. Autant de décisions qui réduisent les capacités d’interventions des banques sur le marché. En dépit d’un basculement prudent de sa politique monétaire au cours des deux dernières sessions(Juin et septembre) le CPM a pour beaucoup été dans le durcissement des conditions d’emprunts sur le marché régional.

Profil émetteur

Autre élément non négligeable, c’est la perception du risque émetteur. Si les remboursements sont garantis par la BEAC via le mécanisme de débit d’office, la disparité des taux traduit bien une hétérogénéité dans la perception du risque souverain par les investisseurs de la région. Le Cameroun dont la note de crédit a été détériorée par les agences Moody’s et S&P a un peu perdu de sa notoriété sur le marché. Le taux moyen pondéré des BTA du pays est par exemple passé de 1,98% en 2021 à 4,30% en janvier 2023 puis à 5,67% en septembre. Ce qui illustre bien une prudence affichée par les investisseurs vis-à-vis de la première économie de la CEMAC. Objet d’ un coût d’État militaire en août, le Gabon continue de payer les frais de cette situation avec des taux particulièrement élevés qui lui sont servis sur ce marché. La RCA, le Tchad et la Guinée Équatoriale, pays non noté par les agences, paient naturellement plus cher sur leurs emprunts. C’est dans l’optique de sortir de cette spirale que le ministre centrafricain a récemment entamé les démarches d’obtention d’une note souveraine auprès de l’agence Bloomfield Investment.

Lire aussi : Marché des titres publics : le Cameroun procède à un remboursement de 35,5 milliards de Fcfa

Marché secondaire

Au-delà de cette explication qui relève d’un fait de conjoncture, l’obésité qui caractérise aujourd’hui le portefeuille titre des banques pourrait également être une des raisons de la réduction de l’offre. Elles détiennent à elles seules plus de 77% de l’encours des titres en circulation à fin septembre 2023 ce qui selon la Beac « expose grandement le système bancaire au risque souverain ».  A moyen terme, la capacité des SVT à soutenir cette dynamique pourrait se buter à moyen termes aux contraintes prudentielles visant à préserver le secteur bancaire en contenant son exposition aux risques souverains dans les limites acceptables. Pour la Beac, inverser la tendance de saturation actuelle passe inéluctablement par la dynamisation du marché secondaire ; celui auquel ont accès les particuliers. « Afin d’accroître la SVT à soutenir la dynamique croissante de ce marché sans être exposés aux contraintes prudentielles d’exposition au risque souverain, il est utile de mettre en place des stratégies visant à impulser le marché secondaire » explique la banque centrale. Dans la Cemac, les SVT ont l’obligation de céder annuellement au minimum 30% de leurs souscriptions des valeurs du trésor, et de participer annuellement à au moins 2% de l’ensemble des transactions sur le marché secondaire afin de le rendre dynamique. Des exigences qu’elles peinent à remplir et qui handicapent fortement le développement de ce marché.

Conséquences budgétaires

Dans la dynamique actuelle, il sera difficile pour les États de mobiliser des financements sur ce marché ce qui affectera l’exécution des budgets au cours des exercices à venir. Cette situation est de plus en plus plausible car pour les raisons évoqués plus haut la quasi-totalité de ces États rencontreraient des difficultés à lever à des coûts abordables des financements sur les marchés internationaux.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Cemac : le marché des titres publics sous haute tension
BEACcemactitres publicsArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

IMG-20261007-WA0036Banques et FinanceFinance islamique : Afriland First Bank s’allie à Savana pour élargir son offre au CamerounEn s'associant à Savana Islamic Finance, Afriland First Bank entend rapprocher ses services de finances islamiques des populations dans plisseurs régions camerounaises.il y a 10 heuresDesign sans titre (64)Banques et FinanceTaoukreo Hemwue Temwa promu directeur national de la BEAC au TchadLe Conseil d’administration de la BEAC a nommé Taoukreo Hemwue Temwa directeur national pour le Tchad. Jusqu’ici premier adjoint, il succède à Idriss Ahmed Idriss, parti en août dernier prendre le secrétariat général de la présidence tchadienne.il y a 13 heuresEpremium0E9074DC-763D-4617-8033-271391C60726_1_201_aBanques et FinanceMicrofinance : ACEP Cameroun cède 33% de son capital à sa holding mère AACECette transition stratégique se traduit par le retrait historique de l'investisseur IPDEV et d'ACEP International.il y a 13 heuresHenri-Claude Oyima lors de la présentation à DoualaBanques et FinanceAugmentation de capital : BGFI Holding boucle au Cameroun son roadshow pour lever 80 milliards FCFAÀ neuf jours de la clôture de son appel public à l’épargne, le groupe bancaire gabonais a réuni investisseurs et partenaires dans la capitale économique pour défendre sa deuxième opération d’ouverture du capital, destinée à mobiliser 80,6 milliards FCFA.il y a 13 heuresAfrican-Union-to-Launch-Continental-Credit-Rating-AgencBanques et FinanceL'Afrique lance à Maurice sa propre agence de notation financièreAlors que des dirigeants accusent Fitch, Moody's et S&P de ne pas noter justement les pays africains, l'Agence de notation financière d'Afrique (AfCRA) prend son envol ce mercredi 7 octobre dans l'archipel de Maurice. il y a 19 heuresWhatsApp Image 2026-10-06 at 13.14.10Banques et FinanceEntrée en bourse : comment BGFI Holding compte faciliter la revente de ses actions à la BVMACBGFI Holding veut rendre son action plus facile à acheter et à revendre à la BVMAC. Le groupe a confié l’animation de son titre à BGFIBourse, alors qu’il mène une nouvelle levée de 80,6 milliards de FCFA.il y a 1 jour

Articles similaires

Jaime2Politiques PubliquesTitres publics : le Cameroun veut emprunter 125 milliards FCFA sur des BTA de 13 et 26 semainesEn quête de 125 milliards de FCFA ce 5 octobre, le Trésor camerounais revient sur le marché de la BEAC pour rebondir après des émissions récentes aux résultats mitigés.il y a 5 joursWhatsApp Image 2026-10-05 at 1.23.16 PMConjonctureCCA-BANK : UNE NOUVELLE ÉTAPE DANS SON EXPANSION AU CŒUR DE LA CEMAC CCA-BANK poursuit résolument son développement dans la sous-région CEMAC et prépare activement son implantation en République Centrafricaine, avec une ouverture de son agence de Bangui annoncée avant la fin de l’année 2026.il y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Banques et Microfinances : la COBAC prononce 93 sanctions et écarte 11 dirigeantsil y a 2 jours2Banques : Afriland constitue son nouvel état-major pour la conquête de l’Afrique centraleil y a 5 jours3Pétrole : pourquoi un baril rapporte 31 dollars au Gabon contre 90 dollars au Camerounil y a 5 jours4Boissons du Cameroun : les actionnaires valident la fusion-absorption de Guinness Cameroonil y a 2 jours5Cameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019il y a 5 jours6Cameroun : Perenco prépare le retrait de son unité flottante d’Eboméil y a 1 jour7Cameroun : le retour inattendu de Viettel Global dans la bataille pour Nexttelil y a 6 jours8Port de Kribi : le poisson congelé devient le 2e produit importé, porté par Congelcamil y a 2 jours9Tchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jouril y a 5 jours10Port de Kribi : l’explosion du trafic commence à « saturer » le terminal à conteneursil y a 2 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.