Adopté le 17 septembre dernier par le conseil d’administration, le projet de création d’un guichet islamique au sein de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac) a été approuvé 13 jours plus tard par les actionnaires de l’institution. Selon le communiqué publié au terme de l’assemblée générale qui s’est tenue à N’Djamena, la fenêtre islamique « fonctionnera parallèlement avec le guichet conventionnel qui finance depuis la création de la banque en 1975, le développement des secteurs public et privé ».
À travers cette nouveauté qui la Bdeac, dirigée par le Camerounais Dieudonné Evou Mekou, veut élargir ses interventions en faveur des populations et favoriser davantage l’inclusion financière. La finance islamique diffère, en effet, de la traditionnelle en ce sens que ses produits et services doivent être conformes à la charia, la loi islamique. Elle prohibe l’intérêt, la spéculation, les activités illicites… « En revanche, elle met l’accent sur : le financement des actifs tangibles, une prise de risques mesurée ; le partage des pertes et des profits et la conformité à la charia », explique la Bdeac.
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L’ouverture d’un guichet islamique au sein de l’institution régionale de développement intervient deux ans après que les autorités monétaires de la Cemac aient adopté un cadre juridique organisant cette activité. Pour l'exercer, toute institution doit au préalable obtenir l'agrément du régulateur bancaire. Parmi les produits islamiques que la banque de développement sera autorisée à mettre sur le marché, on compte Mourabaha, Moussawama, Ijara, Salam, Istisna, Moudaraba ou encore Moucharaka.
Le calendrier de mise en œuvre de ce nouveau guichet n’a pas encore été dévoilé encore moins les modalités liées à son fonctionnement. Il faut dire que cette initiative s’inscrit en droite ligne s’inscrit en droite ligne du plan stratégique 2023-2027 qui vise à faire de la vise à faire de la BDEAC une Institution moderne, socle du développement durable de l'Afrique Centrale. C’est également dans ce sillage que l’institution a engagé des procédures pour se faire évaluer par une agence de notation internationale afin de pouvoir mobiliser de la dette sur les marchés internationaux. Pour financer les projets de développement inscrits dans son plan stratégique, la Bdeac a besoin d’une enveloppe globale de 1 700 milliards de FCFA (environ 2,6 milliards d’euros). Un montant qu’elle peut difficilement obtenir en se recentrant uniquement sur le marché domestique.








