952,5 milliards de Fcfa, correspondant à une augmentation de 7% sur une période d’un an. C’est la performance réalisée par les établissements de microfinance de la Cemac au cours de l’année 2023, en matière de financement de l’économie. Mais, selon le rapport 2023 de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), la répartition territoriale des crédits décaissés par les institutions de microfinance de la Cemac au cours de la période reste contrastée. Puisque l’activité de ces pourvoyeurs de financements s’est concentrée sur deux pays de la sous-région, à savoir le Cameroun et le Congo.
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« Les établissements du Cameroun et du Congo ont été les principaux contributeurs, avec respectivement 65% et 23% du total des crédits bruts distribués à cette date », révèle le rapport de la Beac. En d’autres termes, ces deux pays ont capté 88% des crédits décaissés en 2023 par les établissements de microfinance en activité dans la Cemac. En numéraire, cela correspond à une enveloppe de 838,2 milliards de Fcfa, dont près de 545 milliards de Fcfa uniquement pour le Cameroun.
Le leadership de ce pays est d’autant plus compréhensible qu’il abrite, selon la Beac, 73,7% du réseau de microfinance de la Cemac. En effet, sur les 521 opérateurs recensés dans cette communauté économique en 2023, 384 sont installés au Cameroun. Avec 46 opérateurs seulement sur son territoire, le Congo a cependant capté plus de crédits provenant de ces établissements que le Tchad, qui abrite pourtant le 2ème plus grand réseau de la Cemac, avec 59 structures de microfinance agréées en 2023.
Plus de 163 milliards de créances en souffrance
Cette configuration du marché a également déteint sur la collecte des dépôts. « A fin décembre 2023, les dépôts collectés dans la Cemac sont ressortis à 1 488,7 milliards (+14%). Le Cameroun et le Congo ont affiché les plus gros volumes des dépôts, avec des parts respectives de 62% et 28%. Les ressources à vue se sont établies à 1 325 milliards et ont représenté 89% des dépôts collectés à cette même date. En ce qui concerne les ressources à terme, elles sont ressorties à 163 milliards et n’ont représenté que 11% du total des dépôts collectés », indique la Beac dans son rapport d’activités 2023.
En plus de révéler une nouvelle fois la suprématie du couple Cameroun-Congo sur la collecte des dépôts dans cette composante du secteur financier de la Cemac, les chiffres de la Beac montrent que la microfinance dans cette communauté est, comme le secteur bancaire, pris dans l’étau des dépôts à vue. Alors qu’ils ne représentent qu’environ 70% dans les banques, ces dépôts susceptibles d’être sollicités à tout moment par les épargnants, représentent jusqu’à 89% du contenu des coffres des structures de microfinance de la Cemac. Ce qui donne le lit du crédit de court terme, et rend plutôt difficile le financement de l’investissement productif par ces opérateurs, à travers l’octroi des crédits de moyen et long terme.
Comme dans les banques également, le portefeuille crédit des établissements de microfinance de la Cemac est également plombé par les créances en souffrance. En 2023, ces emprunts difficiles à recouvrer ont culminé à 163,3 milliards de FCFA, selon la Beac. Ce qui représente une augmentation de 12% par rapport à l’année 2022. Cette détérioration du portefeuille crédits des structures de microfinance de la Cemac a porté à 17% la part des créances en souffrance dans l’enveloppe globale des prêts. De quoi inciter les établissements de microfinance à durcir davantage les conditions de garantie des prêts à la clientèle.








