Au 31 janvier 2025, les réserves de change de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) ont progressé de 9,2 %, atteignant 7 515 milliards de Fcfa, selon les données officielles du rapport sur la politique monétaire publié par la Banque centrale. Cette hausse s’explique principalement par « par les entrées de devises liées à des emprunts extérieurs, aux revenus pétroliers et au paiement de l’impôt sur les sociétés dans le secteur des industries extractives, lequel impôt est généralement acquitté dès novembre jusqu’en mars de l’année suivante », explique le document consulté par EcoMatin.
Dans le détail, les réserves de change de l’institut d’émission commun aux six pays de la Cemac (Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, Centrafrique, Congo) sont constituées à 67,1% des avoirs extérieurs à vue soit 5 042,5 milliards FCFA ; 25,4% d’avoirs extérieurs en devises gérés par la Salle des Marchés soit 1 916,3 milliards FCFA, 4,5% de l’encaisse or (338,1 millions FCFA) et 2,7% des avoirs auprès du Fonds monétaire international (202,9 millions FCFA).
Prévisions
Malgré la complexité et l’imprévisibilité de la tendance des réserves de change dans la Cemac, notamment dues aux effets contraires des facteurs liés au commerce informel (or, diamant et différents types de produits importés) et à l’existence du mécanisme de nantissement des productions des ressources naturelles (Reserve Based Loan –RBL- en anglais), les Services de la Banque centrale anticipent un effet net positif. Ceci, grâce aux progrès en matière d’application de la réglementation des changes, qui devraient à moyen terme, réduire les transferts financiers informels. De plus, le rapatriement des Fonds de Remise en État des Sites Pétroliers (RES) dont la mise en œuvre serait effective avant décembre 2025, viendrait conforter la forte tendance haussière amorcée depuis novembre 2024.
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Dans ce contexte, projette-t-on à la Banque centrale, les réserves de change devraient se situer au-dessus du niveau requis pour une union monétaire riche en ressources naturelles à 6 mois d’importations des biens et services à l’horizon 2028 (10 207,7 milliards de Fcfa), après 4,8 mois (7 584,9 milliards) en 2025, 5,3 mois (8 376,5 milliards) en 2026, et 5,6 mois (9 183,0 milliards) en 2027. En outre, le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait se situer en moyenne annuelle autour de 81,2% sur la période 2026-2028, contre 76,1% en 2025. « De même, les avoirs extérieurs nets de la Beac progresseraient significativement sur la période sous revue pour atteindre 6 797,1 milliards à fin décembre 2028. Cette évolution se justifierait, entre autres, par les actions de la Banque Centrale en faveur de la mise en œuvre rigoureuse de la réglementation des changes », conclut la Beac.
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