Le gouvernement centrafricain a signé, le 21 août à Bangui, deux marchés pour l’aménagement de 173 km de pistes rurales dans le nord-ouest du pays. Les travaux, inscrits dans le cadre du Projet régional d’amélioration des corridors de transport routier et fluvial en Afrique centrale (PRACAC), concernent les axes Bossangoa-Bouca (96 km) et Ndjoh-Bogangolo (77 km), pour un coût global de 6,833 milliards de FCFA. D’une durée d'exécution de 12 mois, ce chantier sera réalisé par GER-RCA et le groupement Construction-RCA, deux entreprises locales.
Désenclaver les bassins de production
Ces travaux ont pour objectif d'améliorer la connectivité entre les zones de production et les marchés. Les deux axes permettront notamment de rejoindre la route Bossembélé-Bossangoa, dont le PRACAC prévoit la réhabilitation sur 150 km. La chaussée actuelle, non revêtue, doit être transformée en une route bitumée à deux voies, sûre et résiliente face aux aléas climatiques. Le projet prévoit également des voies de desserte à Bossangoa pour « relier les populations et les entreprises locales aux opportunités (en particulier les zones de production agricole et les agriculteurs aux marchés), par le biais de la route principale réhabilitée susmentionnée ». Au total, la sous-composante consacrée aux infrastructures routières mobilise 176 millions de dollars en République centrafricaine, intégrant notamment la mise en place de stations de pesage et de boucles de comptage sur les axes majeurs.
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Ce maillage est d’autant plus stratégique que les difficultés logistiques pèsent lourdement sur certaines filières agricoles. Selon le rapport de conjoncture de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) à fin décembre 2025, la dégradation des pistes rurales freine notamment « l’acheminement vers l’unique usine d’égrenage de Bossangoa (250 tonnes /jour) ». En conséquence, la production centrafricaine de coton graine s'est effondrée en 2025 pour s'établir à 221,4 tonnes, contre 844,7 tonnes un an plus tôt, tandis que les exportations de coton fibre ont chuté de 339,5 tonnes à 84,7 tonnes.
Moderniser les corridors régionaux
À travers ces investissements ciblés, le PRACAC ambitionne plus largement de réduire les coûts et les délais de transport afin de fluidifier les échanges commerciaux. Dans un communiqué publié le 12 juin 2026 annonçant un programme de 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor Douala-Bangui, la Banque mondiale souligne que cet axe de plus de 1 400 km « transporte plus de 80 % du commerce extérieur » de la Centrafrique. L'institution relève également des coûts de fret pouvant atteindre 270 dollars par tonne, pour des temps de trajet oscillant entre 9 et 12 jours dans des conditions normales. Des contraintes qui, selon la Banque, « étouffent le commerce, font grimper les prix à la consommation, compromettent la sécurité alimentaire et maintiennent des millions de personnes isolées des opportunités économiques ».
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Pour rappel, le PRACAC vise globalement à améliorer le transport et les échanges en Afrique centrale. Financé à hauteur de 330 millions de dollars par la Banque mondiale en faveur de la République centrafricaine et de la République du Congo (dont 240 millions de dollars sous forme de don pour la RCA), le projet intervient sur le corridor multimodal Pointe-Noire - Brazzaville - Bangui - N’Djamena. Il englobe la réhabilitation des routes, l’entretien des voies navigables du bassin Congo-Oubangui, ainsi que la modernisation des infrastructures portuaires. À terme, plus de deux millions de personnes vivant dans la zone d’influence du projet, notamment les agriculteurs, les commerçants et les pêcheurs, devraient bénéficier directement de ces aménagements.
Par Inès Marie Nga (Stagiaire)








