Le gouvernement centrafricain a établi, le 20 août, le bilan officiel de l'éboulement de terrain survenu le 18 août dans la localité de Zamboye, un site aurifère situé dans l'ouest du pays, le long du fleuve Kadéï, à la frontière avec la région de l'Est du Cameroun. Lors d'un point de presse à Bangui, le ministre centrafricain des Mines, Rufin Benam Beltoungou, a communiqué les données issues d'une mission d'évaluation gouvernementale. « Finalement, on a dénombré 49 morts, dont 34 Centrafricains, 12 Camerounais et 2 Tchadiens ».
Ce bilan chiffré révise à la hausse une première estimation du porte parole du gouvernement de 30 décès, tout en démentant formellement le chiffre de 107 morts relayé par la presse.
Sur le plan opérationnel, précise l'autorité, l'effondrement s'est produit après 120 heures de pluies ininterrompues. Selon le ministre, une vingtaine d'éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) présents sur place ont tenté d'interdire l'accès au site rendu instable. Face à une communauté locale de 20 000 habitants attirés par l'exploitation aurifère, les militaires ont été confrontés à des jets de pierres par des orpailleurs ayant forcé le passage. Les premières opérations de sauvetage menées par les artisans ont ensuite été appuyées par des instructeurs militaires russes, déployés depuis une base située à 250 kilomètres du site.
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En réponse à cet incident, les autorités publiques ont acté deux mesures immédiates ayant un impact direct sur la filière locale. Sur le plan économique et réglementaire, le ministre des Mines a décrété, dès le 19 août, l'arrêt total des opérations d'orpaillage artisanal dans la zone, suspendant l'activité économique de milliers de mineurs. Sur le plan sécuritaire et judiciaire, le gouvernement a instruit l'ouverture d'enquêtes visant à identifier et à poursuivre les instigateurs des violences perpétrées contre les FACA, afin de réaffirmer l'autorité de l'État sur ces zones d'exploitation minière.
À l'échelle structurelle, ce drame met en lumière la complexe cohabitation entre l'industrie formelle et l'exploitation informelle, une problématique récurrente en zone CEMAC. Le ministre des Mines a rappelé avoir officiellement lancé les activités sur le gisement de Zamboye un an plus tôt, au profit d'un investisseur privé centrafricain menant une exploitation semi-mécanisée. Si cet opérateur formel avait sécurisé son périmètre avec des clôtures, une intense activité artisanale non régulée a émergé en périphérie de la concession, conduisant à ce sinistre meurtrier.
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