Le gouvernement centrafricain a annoncé, le 19 août, la suspension immédiate des activités d’exploitation aurifère sur le site de Zamboye, au lendemain d'un glissement de terrain ayant fait des dizaines de morts, dont des ressortissants étrangers.
Le ministre centrafricain des Mines et de la Géologie, Rufin Benam Beltoungou, s'est rendu sur le site d’exploitation artisanale le 19 août en matinée, pour acter cette décision. « Face à la gravité de la situation, un arrêt immédiat des activités d’exploitation sur le chantier concerné a été ordonné, afin de prévenir tout nouveau drame et permettre aux services compétents de procéder aux constatations et évaluations nécessaires. », souligne le compte rendu officiel publié à l'issue de cette visite.
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Le document ne précise pas la durée de cette suspension. Le ministre a profité de ce déplacement pour rappeler aux artisans miniers l'obligation d'observer les normes de sécurité face aux risques inhérents aux exploitations non conventionnelles, tout en transmettant les condoléances des autorités aux familles sinistrées.
Un lourd bilan humain
Le drame s'est produit sur un site minier situé le long du fleuve Kadéï, cours d'eau qui matérialise la frontière entre la République centrafricaine et le Cameroun, séparant le village ouest-centrafricain de Zamboye de son homonyme camerounais situé dans la région de l'Est.
Le bilan humain demeure provisoire. Les premières estimations officielles de Bangui font état de 30 morts, tandis que des sources locales rapportent jusqu'à 107 morts dont quatre Camerounais et de nombreux blessés. Il s'agit du troisième éboulement meurtrier enregistré sur un site minier artisanal en RCA depuis le début de l'année 2026, après ceux de février et de juin.
Cette mesure de suspension intervient dans un contexte de forte croissance de la production aurifère centrafricaine. L'or est récemment devenu le premier produit d'exportation du pays, déclassant le diamant. Les volumes exportés officiellement sont passés de 770 kilogrammes en 2024 à 7,4 tonnes en 2025, générant 132 milliards de FCFA de recettes pour l'État. La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) projette une production de 9,3 tonnes pour 2026. Bien qu'il soit impossible de déterminer la production exacte sur ce site artisanal, l'arrêt des activités à Zamboye place temporairement des milliers d'orpailleurs à l'arrêt et pourrait impacter ces prévisions.
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Parmi les victimes de l'éboulement figurent des orpailleurs camerounais. Le gouverneur de la région de l’Est, Grégoire Mvongo, a indiqué mercredi, que les dépouilles de quatre ressortissants camerounais ont d'ores et déjà été transférées à Garoua-Boulaï.
Un dispositif a été déployé à la frontière pour faciliter l’accueil et la prise en charge médicale des blessés. Les autorités régionales ont également arrêté des mesures sécuritaires préventives afin de maintenir l'ordre public face aux mouvements de populations générés par le drame. Les services compétents ont été mobilisés pour identifier les victimes camerounaises.
Réagissant à cette tragédie le 20 août, le ministre camerounais des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, le Pr Fuh Calistus Gentry, a réitéré la volonté de Yaoundé de formaliser l'activité extractive. « C’est dans cette perspective que le Gouvernement, à travers le Ministère en charge des Mines, a déjà pris des mesures visant la restructuration du secteur minier artisanal. Une Task Force dédiée a été mise en place et implique plusieurs départements ministériels », a-t-il déclaré.
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