De vives tensions opposent depuis au moins deux semaines les autorités centrafricaines et Transafrica Market Oil (Tamoil), repreneur à 100% des actifs de TotalEnergies en Centrafrique, au sujet de la nouvelle crise qui frappe le secteur de la distribution des produits pétroliers dans le pays. Le nouveau marqueteur qui a officiellement changé de dénomination il y a moins de deux mois, est accusé d’avoir créé la pénurie de carburant en cours à Bangui, « causant des dommages importants sur les plans économique, financier et social », selon les termes du ministre de l’Energie, Arthur Bertrand Piri. En effet, toutes les 11 stations-service de l’ex-réseau TotalEnergies tombée dans l’escarcelle de ce nouvel opérateur sont en arrêt, faute de carburant. La raison ? En moins de six mois d’activité dans le pays, Tamoil a accumulé des impayés d’environ 2 milliards Fcfa qui ont poussé le nouvel importateur exclusif des produits pétroliers en République centrafricaine, Neptune Oil S.A, à suspendre ses approvisionnements.
Cette situation a valu, en fin de semaine dernière, un avertissement du ministre de l’Energie à Tamoil, avertissement assorti d’une mise en demeure de payer 200 millions Fcfa en guise d’amende au trésor public. Le 03 juin, le membre du gouvernement est passé à la vitesse supérieure, en réquisitionnant 6 stations-service de son réseau dont il a confié la gestion provisoire à deux hauts cadres de l’administration centrafricaine pour une durée de 45 jours éventuellement renouvelable. Arthur Bertrand Piri passait ainsi à l’acte, après avoir menacé d’infliger une sanction plus lourde à ce marqueteur s’il ne mettait pas tout en œuvre pour un retour à la normale. La situation que traverse Tamoil RCA est quelque peu paradoxale en considération des investissements consentis août 2023 (plusieurs millions d’euros, d’après la maison mère, la banque d’affaires Rochefort & Associés) dans la réhabilitation de l’ex-réseau de stations-service TotalEnergies.
Elle l’est davantage après les trésors de diplomatie mobilisés par le Français Enguerrand Rochefort, le PDG de la holding Rochefort & Associés, pour aplanir les dissensions qui avaient profondément parasité les relations entre les autorités centrafricaines et TotalEnergies au cours de ces dernières années. Ils s’étaient, notamment, engagés à régler une dette fiscale de 2 milliards Fcfa que son prédécesseur a catégoriquement refusé de régler à l’Etat centrafricain, prétextant que ce dernier avait lui aussi accumulé auprès de lui une ardoise de loin plus colossale liée, notamment, aux subventions des carburants. Depuis son arrivée, Tamoil s’était montré très coopératif, saluant au passage les autorités centrafricaines « pour l’esprit de partenariat qui a toujours prévalu lors des échanges des derniers mois, favorisant ainsi un développement durable des activités dans l’intérêt général des Centrafricains ».







