Nouveau tournant dans le feuilleton judiciaire de la succession Monkam, décédé le 21 février 2021 en Afrique du Sud. Dans le cadre de la procédure relative à la mise sous séquestre des biens mobiliers et immobiliers de l’homme d’affaires camerounais, la Cour d’appel de l’Ouest, siégeant à Bafoussam, a décidé le 28 mai dernier d’ouvrir une enquête civile. Selon un compte rendu d’audience consulté par EcoMatin, les 20 ayants droit du défunt homme d’affaires (ses 15 enfants vivants et ses 5 veuves) sont invités à comparaître ce mercredi 9 juillet 2025 à 11h dans le cabinet du président de ladite juridiction.
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Cette mesure intervient à la suite de l’audience civile et commerciale tenue le 28 mai dernier à Bafoussam. Par un arrêt avant dire droit, la cour a ordonné l’audition de toutes les parties concernées, ainsi que, « le cas échéant, de toute personne susceptible d’apporter un éclairage utile à la justice », afin de mieux apprécier l’opportunité d’un séquestre judiciaire.
Un patrimoine familial convoité
À l’origine de cette procédure, l’impressionnant patrimoine laissé par Pascal Monkam, figure emblématique du secteur hôtelier camerounais, disparu en février 2021 en Afrique du Sud. Le défunt a légué à ses héritiers un empire composé notamment des hôtels La Falaise à Douala, Yaoundé, Bonanjo et Bafoussam, d’un centre commercial à Douala, de biens immobiliers à Bakassa et dans plusieurs grandes villes du pays, ainsi qu’un complexe hôtelier en Afrique du Sud, sans oublier de nombreux comptes bancaires.
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Ce patrimoine, aussi conséquent que complexe, a rapidement fait l’objet de vives tensions entre les héritiers, entraînant plusieurs recours judiciaires. Une précédente ordonnance de séquestre, rendue par le tribunal de première instance de Douala, avait été annulée par la Cour d’appel du Littoral en 2022, alimentant la controverse et des soupçons de collusion.
Un climat de méfiance et des soupçons persistants
Ce nouvel épisode judiciaire intervient dans un climat tendu, marqué par des accusations de mauvaise gestion, d’opacité et de détournements présumés autour des biens du défunt. Certains membres de la famille, dont Alain-Christian Monkam, dénoncent l’absence d’un cadre clair de gestion collective et craignent une dilapidation du patrimoine.
La Cour d’appel de l’Ouest entend désormais clarifier les responsabilités, les intérêts de chacun des héritiers, et les conditions dans lesquelles un éventuel séquestre pourrait être mis en œuvre. Elle a fixé une nouvelle audience au 23 juillet prochain pour examiner les conclusions issues de cette phase d’enquête. Ce processus d’instruction judiciaire pourrait s’avérer décisif pour la suite de l’affaire. Il pourrait conduire à une mise sous séquestre du patrimoine, en attendant un règlement consensuel de la succession ou une répartition ordonnée des biens.
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