visa-2026-08-01
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Je me connecte
Magazine
    Bientôt disponible...
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Business et EntreprisesEecomembre

Coton: malgré la controverse, la Sodecoton opte pour l’utilisation des OGM

Un décret présidentiel autorise le Minepat à emprunter 64,2 milliards FCFA pour assurer la campagne cotonnière 2017-2018. Cet argent devrait permettre à la société de renforcer son plan de développement, qui entrevoit également l’utilisation des organismes génétiquement modifiés.

Publiée jeudi 20 décembre 2018 à 07:28:28Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 09:49:52Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

coton1
Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), vient de recevoir l’ordre du président Paul Biya, de signer un accord avec la Banque islamique de développement (BID) dans le but de financer le secteur agricole. Cet accord, de type Mourabaha (contrat d’une marge bénéficiaire connue et convenue entre les parties), devrait être signé dans les prochains jours, pour un montant de 64,2 milliards FCFA. Un financement destiné à acquérir des intrants agricoles (engrais, pesticides, herbicides), du coton graine et des graines de soja, et d’en assurer la vente sur le marché camerounais. Cette mesure intervient au moment où la Société de développement du coton (Sodecoton) a récemment révélé qu’elle entend accélérer son processus de relance, après près de quatre années difficiles. Au cours de la campagne 2017-2018, le Cameroun a enregistré une production de 254 000 tonnes de coton graine et 207 000 tonnes de coton fibre. Un résultat stable par rapport à celui des années précédentes, où la moyenne s'élevait à 260 000 tonnes. Selon les responsables de l’entreprise, l’avenir de la culture du coton au Cameroun passerait par l’implémentation de nouvelles méthodes culturales, afin de lui assurer une augmentation importante de la productivité des plantations et de la production du coton. Pour atteindre ses objectifs, la Sodecoton a récemment marqué son intention de relancer le processus d’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les plantations qui l’approvisionnent. Actuellement, les quelque 250 000 planteurs du Cameroun ont des rendements de 1 450 kilogrammes par hectare. Des rendements qui devraient augmenter de 30% au moins avec les OGM, estime-t-on.

>> Lire aussi - Sodecoton : prêt de 15 milliards de FCFA pour l’achat d’engrais


Une première expérience du coton transgénique avait été initiée dans la zone de Bocklé, région du Nord à travers quelques champs expérimentaux ; sans succès. Son échec avait été imputé aux planteurs, qui ont du mal à s’adapter aux exigences requises par l’utilisation des OGM. Il faut ajouter à cela une campagne anti-OGM de la part des organisations de la société civile qui avait réussi a émousser l’intérêt de nombreux planteurs pour cette méthode. Mais, la Sodecoton, qui semble n’avoir pas baissé les bras dans son projet, entend désormais s’appuyer sur le rajeunissement de la main d’œuvre dans la filière. Elle trouve en effet les jeunes plus réceptifs à l’utilisation des OGM pour produire le coton. Des actions en « sous-marin » seraient effectuées depuis quelques temps pour préparer la venue des OGM. Et la recherche des financements, autorisée par le président de la République, indique que l’on devrait s’attendre à une offensive imminente. Vers une nouvelle bataille sur les semences transgéniques L’intérêt de la Sodecoton pour les organismes génétiquement modifiés (OGM) a été révélé il y a près de 10 ans. Au cours de la 8e réunion de l’Association cotonnière africaine (ACA), à Yaoundé en mars 2010, le directeur général de l’entreprise, Iya Mohamed marque la volonté de la société d’utiliser des semences transgéniques afin d’accroitre la production et annonce l’imminence d’essais y relatifs. Une noble ambition qui ne trouve cependant pas l’assentiment de tout le monde, notamment de la société civile et de certaines organisations paysannes. En septembre 2015, le gouvernement organise pour la première fois un forum sur les OGM afin, dit-il, de « prendre des mesures pour assurer la protection de son espace social, environnemental, culturel et économique ». Des organisations de la société civile, actives depuis plusieurs années contre l’avènement de cette pratique culturale, estiment qu’il s’agit d’un stratagème pour ouvrir la porte aux OGM dans le pays. « Nous sommes contre les OGM dans nos assiettes et dans nos champs. C’est un danger pour notre agriculture, pour la santé des consommateurs et pour l’environnement », argumente Bernard Njonga, ancien leader de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC), aujourd’hui président du Crac (Croire au Cameroun), un parti politique qui soutient principalement les causes acteurs agropastoraux. Les principaux arguments contre l’utilisation des OGM portent sur les risques sur la santé humaine (retard de croissance, cancers, déficit immunitaire, saignements de l’estomac, etc.) ainsi que sur l’environnement (pollution de l’eau et de l’air). Au plan socio-économique, les inconvénients ne manquent pas non plus, au détriment des agriculteurs. Les firmes programment l’ADN des plantes afin qu’elles tuent leurs propres germes. Les semences sont donc stériles et les agriculteurs sont obligés de racheter de nouvelles semences chaque année. Ainsi, l’agriculteur devient dépendant et s’endette, au risque d’abandonner la plantation. Par ailleurs, les semences transgéniques dans les pays du Sud ont supprimé les cultures vivrières traditionnelles pour les remplacer par des monocultures destinées à l’exportation, ce qui implique non seulement dépendance, perte écologique et perte d’emplois. L’on note également que la qualité des produits n’est plus au rendez-vous. Au Burkina Faso, par exemple, la fibre issue du coton transgénique de Monsanto était moins longue, donc moins économiquement rentable. Pour contrecarrer ces arguments, les pro-OMG mettent en avant quelques avant : apparition de variétés avec des caractéristiques supérieures à celles de plantes dites normales ; résolution du problème de la faim ; possibilité de culture sur des terres jusqu’ici non arables, donc augmentation des superficies ; réduction de l’utilisation des insecticides, etc. Le débat reste en tout encore très houleux à travers le monde. Au Cameroun, les autorités ont une attitude positive à l’égard du développement des biotechnologies, à cause des perspectives d’accroissement de la production pour assurer l’autosuffisance alimentaire. Une véritable politique nationale pour définir le cadre institutionnel est en cours. [related_posts_by_tax taxonomies="dossier"]

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Business et Entreprises
  • Coton: malgré la controverse, la Sodecoton opte pour l’utilisation des OGM
Alamine Ousmane MeySodecotoncotonOGMAssociation cotonnière africaineACDICIya MohamedArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Dion NguteAgro-industrieCameroun : après le gel de la cession, Yaoundé dépêche un comité interministériel sur les sites de SosucamAprès avoir demandé au groupe français Somdia de suspendre toute démarche liée à la cession de ses 82 % dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), le gouvernement se mobilise pour une mission exploratoire sur les sites de Mbandjock et Nkoteng.il y a 2 heuresEpremiumDeloitte-1Business et EntreprisesDeloitte Afrique Centrale échappe à la dissolution anticipée malgré des fonds propres inférieurs à la moitié de son capitalLes associés de Deloitte Afrique Centrale ont nommé un nouveau commissaire aux comptes tout en décidant de poursuivre les activités du cabinet, malgré une érosion de ses fonds propres qui les a ramenés sous la moitié du capital social.il y a 3 heuresEpremiumTrain Express CAMRAILTransport et LogistiqueCameroun : les actionnaires de Camrail injectent plus de 16 milliards FCFA dans le capitalLe concessionnaire du chemin de fer camerounais a renforcé ses fonds propres à travers une opération mêlant apports en numéraire, apports en nature et conversion de créances en actions. Cette recapitalisation intervient alors que plusieurs projets industriels devraient accroître les besoins de transport ferroviaire.​il y a 5 heuresEpremiumHilton Hôtel YdeBusiness et EntreprisesHilton Yaoundé : les factures impayées des clients grimpent à 7,7 milliards FCFA (+31 %)À fin 2025, le Hilton Yaoundé attendait encore le paiement de 7,73 milliards FCFA de prestations déjà réalisées, soit 63 % de son chiffre d’affaires. Cela rappelle les difficultés de recouvrement déjà observées dans d'autres établissements hôteliers publics, comme l'Hôtel Sawa.il y a 7 heuresEpremiumPADBusiness et EntreprisesCameroun : la CEMAC ouvre une consultation sur le rachat d'Africa Ports Development par les Émirats La Commission de la CEMAC a ouvert une consultation publique sur l'acquisition, par le géant émirati AD Ports Group, du contrôle de 60 % d'Africa Ports Development basé à Douala au Cameroun.il y a 1 jourAir FranceBusiness et EntreprisesCongo : Air France presse l’État d’adapter ses aéroports à ses Airbus A350 et Boeing 787La compagnie française veut augmenter ses fréquences au Congo dès octobre 2026, mais prévient que la piste de Pointe-Noire devra être adaptée à l’arrivée prochaine des Airbus A350 et Boeing 787 appelés à remplacer ses A330.il y a 1 jour

Articles similaires

EpremiumCamerounPolitiques PubliquesCameroun : combien gagnent les DG des entreprises et établissements publics ?Classées en cinq catégories selon leur niveau d’activité, les entreprises publiques camerounaises offrent à leurs directeurs généraux des salaires de base allant de 2 à 6 millions de FCFA par mois. Avec les indemnités de responsabilité et de représentation, la rémunération peut dépasser 8 millions de FCFA, en dehors des autres avantages.il y a 1 jourEpremiumbiofuel-the-nozzle-is-attached-to-a-modern-hightech-pump-station-with-the-words-green-energy-photoMines et énergiesCameroun : l’Autorité aéronautique veut lancer la production du biocarburant d'aviation à KribiL'Autorité aéronautique camerounaise ambitionne de sécuriser 500 hectares dans la zone industrielle de Kribi pour produire des carburants d'aviation durables dans un contexte où les importations de carburants raffinés continuent de peser lourd sur la balance commerciale. il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : Ariane de Rothschild et Pierre Guerrini se disputent un domaine de chasse de 1 640 km²il y a 1 jour2Transport aérien : Asky Airlines brise le monopole d'Afrijet sur la liaison Yaoundé-Banguiil y a 3 jours3Cameroun : la filiale de Castel porte son capital à 75,5 milliards FCFA pour absorber Guinness Camerounil y a 6 jours4CEMAC : après le Cameroun, la Banque nationale de Guinée Equatoriale envisage son expansion en Centrafriqueil y a 5 jours5Cameroun : combien gagnent les DG des entreprises et établissements publics ?il y a 1 jour6Cybercriminalité : le Cameroun dans le viseur d’Interpol après 40,5 millions d’incidentsil y a 1 jour7Cameroun : l'égyptien Arab Contractors piétine sur trois projets routiers de 134 millions de dollarsil y a 4 jours8Hydrocarbures : Brazzaville valide 23 milliards USD d'investissements chinois pour doper la production pétrolièreil y a 4 jours9Gabon : le report du mégaprojet de Perenco compromet ses ambitions d'exportation de GNL dès 2026il y a 4 jours10Cameroun : pourquoi l'amont pétrolier peine à attirer les grandes compagnies, malgré un sous-sol sous-exploitéil y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.