Le Comité de suivi de l’Accord de partenariat économique (APE) entre le Cameroun et le Royaume-Uni est réuni dans la capitale camerounaise depuis le 20 août 2024 à l’effet d’examiner comment les deux partenaires qui ont conclu un accord commercial en 2021, peuvent booster leurs échanges et concrétiser cet accord par des règles spécifiques qui n’entravent pas les accord conclus avec d’autres partenaires du reste du monde. C’est dans cette optique que le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, a indiqué à la partie britannique quelles étaient les attentes du gouvernement face à cet accord lors desdits travaux.
De fait, la Grande Bretagne vient d’adopter une nouvelle législation forestière qui pourrait être défavorable aux exportations de bois du Cameroun vers ce pays. Les mêmes préoccupations s’expriment en ce qui est de la banane camerounaise dans ce pays qui est partie prenante à plusieurs accords commerciaux. Pour le ministre de l’Economie, les attentes du Cameroun sont élevées dans ce dossier notamment en ce qui concerne les questions liées à la nouvelle réglementation forestière britannique et aux obstacles en lien au commerce. « Dans cette optique, nos experts attendent une analyse approfondie de l'impact de l'adhésion du Royaume-Uni à l'Accord global et progressif de partenariat transpacifique et à l'accord de libre-échange conclu entre la Bolivie, l’Equateur, la Colombie et le Pérou et le Royaume-Uni sur la banane du Cameroun », explique le ministre.
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Ces deux ressources constituent d’importantes sources de recettes pour le Cameroun qui n’entend pas s’en séparer ou voir leur érosion du fait de pactes commerciaux entre la Grande Bretagne et ses partenaires d’autres parties du monde. Sur la banane camerounaise, celle-ci rentre depuis des années dans les pays européens en franchise des droits et taxes de douane. Une disposition qui semble ne pas favoriser les producteurs de banane d’Amérique du Sud qui estiment que le Cameroun et nombre de pays ACP bénéficient de tarifs préférentiels sur l’entrée de certaines marchandises sur le sol britannique, alors qu’ils doivent s’acquitter desdits droits et taxes.
S’agissant des échanges commerciaux entre le Cameroun et la Grande Bretagne, ils ont atteint un milliard de livres sterling en 2023 soit 773 milliards de Fcfa. Selon le département du Commerce et des affaires du gouvernement britannique, ces échanges sont en hausse de plus de 7% en glissement annuel. La part des exportations camerounaises représentent 894 millions de livres sterling, soit plus de 691 milliards de Fcfa tandis que les importations camerounaises quant à elles se chiffrent 88 millions de livres sterling, soit un peu plus de 68 milliards de Fcfa.
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Au rang des produits échangés par les deux pays, le Cameroun exporte des matières premières ; la banane ; le cacao ; le bois et ses dérivés et le pétrole brut entre autres. Pour sa part, le Cameroun importe de ce pays, des produits pharmaceutiques, des produits manufacturés, des machines et appareils mécaniques, électriques, des véhicules, etc. Depuis le Brexit, le Royaume-Uni montre sa détermination à renforcer ses relations commerciales avec le Cameroun. Ce qui a donné naissance au programme de partenariat commercial entre les deux pays (UKTP-Cameroun). A date plusieurs avancées sont déjà enregistrées dans la formulation de l’APE entre les deux partenaires. Il s’agit de entre autre de l’échange de propositions sur le projet de protocole conjoint sur les règles d’origine qui remplacera les deux précédents (protocole 2A et protocole 2B) appliqués aux exportations des deux parties; la mise à jour de la réglementation des produits forestiers ; le partage d’informations sur les mesures SPS ; les négociations pour convenir de la liste des arbitres.



