La République du Congo a franchi un cap décisif dans la gestion de sa dette publique intérieure avec le lancement de son plan d'échange des titres publics le 14 octobre dernier. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du Programme national d'optimisation de la trésorerie (PNOT), vise à rééchelonner plus de 2 314 milliards de Fcfa d’obligations et de bons du Trésor. Parmi les institutions financières ayant validé cette opération figurent six banques et une société de gestion de portefeuille. Il s’agit de Banque Atlantique, Ecobank, UBA, BICIG, BSCA Bank, BGFIBank et Harvest Asset Management. En l’espace d’une semaine, ces établissements ont permis le rééchelonnement de plus de 1 000 milliards de Fcfa sur l’enveloppe globale des titres publics existants.
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Cette opération, qui étale les remboursements sur une période de 3 à 10 ans, soit jusqu'en 2034, avec un taux moyen de 5,6%, permet au gouvernement de réduire la pression des remboursements à court terme, tout en offrant aux banques des créances à plus long terme avec des intérêts sur la durée. En anticipant un risque de défaut de paiement similaire à celui du mois d’août 2024, où le Congo n’a pas pu honorer 30,6 milliards de Fcfa d’échéances, cette restructuration devrait permettre d’économiser 200 milliards de Fcfa sur le service de la dette au cours des deux prochaines années avec 1 451 milliards FCFA à rembourser avant le 31 décembre 2026, soit 62,7% de l’encours des obligations du Trésor assimilables et des Bons du Trésor assimilables du pays.
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Le contexte dans lequel cette opération intervient est particulièrement tendu pour les finances publiques congolaises. Le ministre du Budget, Ludovic Ngatse, avait évoqué lors d’un Conseil des ministres le 7 octobre dernier, la gestion « complexe des arriérés intérieurs et extérieurs, avec une accumulation d’arriérés intérieurs et extérieurs, notamment ceux liés à la dette de marché des titres de la Cemac ». Pour atténuer cette pression, le gouvernement a mis en place le Programme national d’optimisation des titres, qui allonge les maturités de la dette publique intérieure. Cette opération, qui a reçu l’aval de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), s’inscrit en droite ligne du programme de facilité élargie de crédit conclu avec le FMI en 2022.
Le ministre de l’Économie, Jean-Baptiste Ondaye, a expliqué que ce programme consiste en une gestion proactive et volontaire de la dette publique intérieure du Congo, permettra au pays d’assurer un « allongement des maturités de la dette domestique ». Comme objectifs, il vise entre autres, « l’échange anticipé des titres publics » détenus par les établissements financiers qui décideront de participer librement à l’opération. De manière spécifique, il est question pour le gouvernement, en plus du rallongement des maturités de la dette publique moyenne du Congo, « d’augmenter les marges de manœuvre budgétaires à court et à moyen terme, de contribuer à la hausse de la liquidité sur le marché régional des titres publics pour l’ensemble des émetteurs de la Cemac ».
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En reportant les échéances à 2034, le Congo espère stabiliser sa situation financière tout en permettant aux établissements financiers de réajuster leur portefeuille de manière plus flexible, un processus soutenu par la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac).








