Le Cameroun est à la recherche d’un consultant en vue de l’élaboration d’une Stratégie nationale d’électrification (SNE). C’est la substance d’un appel à manifestation d’intérêt lancé le 15 janvier dernier par le coordonnateur du Programme de réformes du secteur de l’électricité au Cameroun (PforR) ; un programme d’environ 190, 7 milliards de Fcfa) que la Banque mondiale.
Le consultant retenu se chargera notamment de dresser l’état des lieux électriques des réseaux existants ; le développement du marché des système hors réseau y compris l’identification des défis réglementaires , financiers et techniques à son expansion et à la participation du secteur privé, de potentielles sources de financements des projets d’électrification y compris le secteur privé, etc.
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Cette démarche gouvernementale n’est donc pas fortuite vu les disparités criardes qui persistent au sujet de l’accès à l'électricité dans les zones rurales et urbaines. Une note d’analyse de la Banque mondiale du 16 janvier 2025 déplore le fait que « dans les zones rurales, 75 % de la population reste sans électricité, même si beaucoup vivent à proximité du réseau». A l’inverse, plus de 80% des zones urbaines ont facilement accès à l’énergie électrique. Par conséquent, « malgré d’importantes subventions gouvernementales et un vaste potentiel hydroélectrique, seulement 71 % de la population a accès à l’électricité, et le coût est parmi les plus élevés de la région », déplore l’institution de Bretton Woods ».
Le casse-tête du financement
Les objectifs majeurs de la Stratégie nationale d’électrification reposent sur des mécanismes de financement adéquats à même de booster le développement des services électriques modernes à moindre coût sur le territoire national et surtout « atteindre un taux d’accès de 100% dans les zones rurales, périurbaines et urbaines du Cameroun ». C’est dire que, créé en décembre 2009, le Fonds d’énergie rurale (FER), n’a visiblement pas accompli sa mission, celle d’« assurer de façon durable le financement des programmes et projets d’énergie rurale ». Pour Moussa Ousmanou le Directeur général de l'Agence d’électrification rurale (AER), il « n’a malheureusement pas pu mobiliser les fonds escomptés.
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Au-delà du déficit du financement qui plombe l'électrification rurale, le gouvernement devrait se pencher sur la problématique des procédures administratives. Dans une interview accordée à Cameroon Tribune en mai 2024, le DG de l’AER se plaignait des lourdeurs des procédures. « Les procédures et la réglementation en vigueur actuellement sont souvent jugées lourdes par certains bailleurs et investisseurs qui, de temps à autres, soit retirent leurs financements, soit se désengagent ».
En amont, le rapport sur le « Fonds d’énergies rurales » publié en 2008 par la Banque mondiale dénonçait déjà « l’absence d’objectifs et de stratégies précis et validés, pour servir de cadre cohérent à la programmation des projets et l’intervention des acteurs ; l’absence de planification concertée ; et un cadre légal et institutionnel inadapté » comme obstacles à l’électrification rurale.



