Eramet a annoncé le départ de son directeur général, le Brésilien Paulo Castellari, remplacé avec effet immédiat à compter du 1er février 2026 à 19h, moins d’un an après sa prise de fonction. Dans un communiqué publié à Paris, le groupe minier français évoque des « divergences sur les modes de fonctionnement ». Réuni le même jour, le conseil d’administration a désigné la présidente du groupe, Christel Bories, pour assurer l’intérim à la direction générale, le temps de la nomination d’un successeur, avec le retour annoncé à une séparation stricte des fonctions de président et de directeur général.
Lors d’un point presse téléphonique, Christel Bories a évoqué « un problème de méthode » et des divergences apparues progressivement dans « le processus de prise de décision et les interactions entre le conseil d’administration et le directeur général ». Nommé en mai 2025 pour une durée de quatre ans, Paulo Castellari, ancien haut cadre de la holding britannique Anglo American avait hérité d’un groupe confronté à un environnement de marché dégradé, à des tensions sur la génération de cash et à des difficultés opérationnelles persistantes sur plusieurs actifs clés. « Le Conseil d’administration remercie Paulo Castellari pour ses efforts et confirme son soutien aux équipes, fortement engagées pour améliorer la sécurité, la performance opérationnelle et réduire les coûts. Ces priorités restent clés dans un contexte dégradé. », conclu le communiqué.
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Ce départ prématuré intervient alors qu’Eramet traverse une phase sensible sur le plan opérationnel et financier. Au troisième trimestre 2025, le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 10 % sur un an, à 720 millions d’euros, pénalisé par un effet prix négatif malgré une hausse des volumes vendus.
En zone CEMAC, où Eramet est le premier producteur de manganèse, notamment via sa filiale Comilog au Gabon, la période a été marquée par des tensions logistiques et sociales. Au troisième trimestre 2025, la production de la mine de Moanda s’est établit à 1,9 millions de tonnes, en baisse de 8 % sur le trimestre tandis que les volumes de minerai transportés ont atteint 1,6 millions de tonnes (4,6 millions de tonnes sur 9 mois), en recul de 13 %, pénalisés par des problèmes opérationnels sur la ligne du Transgabonais et au port d’Owendo.
Avant son éviction, Paulo Castellari s’était fortement impliqué sur le dossier gabonais, enchaînant les visites de terrain et les discussions avec les autorités sur la transformation locale du manganèse, dans la perspective de l’interdiction des exportations de minerai brut à l’horizon 2029. Fin janvier 2026, une réunion de haut niveau entre le gouvernement gabonais et le groupe Eramet-Comilog avait réaffirmé l’urgence de présenter un plan d’action industriel assorti d’un calendrier précis, dans un contexte où Libreville entend faire du secteur minier un levier de souveraineté économique et de création d’emplois.
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