6 317 Fcfa. C’est le prix CAF du kilogramme de cacao camerounais selon le tableau de bord de l’Office national du cacao et du café (Oncc) ce 13 décembre. A la lecture des prix journaliers affichés sur le site officiel de l’Oncc, l’or brun local a retrouvé le niveau des 6 000 F/kg le 10 décembre dernier après la chute progressive entamée il y a 6 mois. Ce prix correspond à la valeur du cacao camerounais à l’exportation dont la progression est consécutive au regain du cours du cacao sur le marché international. « Les contrats à terme sur le cacao ont atteint 10 092 $ US la tonne à New York, son plus haut niveau depuis le 14 juin », peut-on, lire dans les colonnes du quotidien libéral américain Washington Post.
Ce prix record profite aux négociants et exportateurs et pourrait participer à relever les recettes d’exportation de cette graine qui fait partie des principaux produits d’exportation du Cameroun. D'après le rapport de l’Institut national de la statistique (INS) relatif aux activités de commerce extérieur du Cameroun en 2023, le pays a exporté 180 095 tonnes de fèves brutes pour des recettes d’un peu plus de 359 milliards de Fcfa, soit 12% du total des recettes d’exportation du pays. Mieux encore, au 3ème trimestre de l’année en cours, la vente de cacao et ses dérivés sur le marché international a généré 87,6 milliards de Fcfa au Cameroun, des revenus en hausse de 87,3% par rapport aux 46,8 milliards de Fcfa collectés à la même période un an plus tôt selon le Centre de données de la Douane camerounaise.
Une hausse temporaire
Cependant selon les spéculateurs, cette tendance haussière ne va pas tenir sur la durée en raison des inquiétudes croissantes concernant la baisse de la production en Afrique de l’Ouest, alors que l’offre mondiale est déjà limitée. En effet, les perspectives de reprise de la production en Côte d’Ivoire et au Ghana, les plus grands producteurs de cacao au monde, s’amenuisent avec une période de temps sec dans la région. Même son de cloche pour le Cameroun où le changement climatique affecte plusieurs secteurs cruciaux, notamment l’agriculture.
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Les prévisions de l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) annoncent des défis climatiques majeurs pour le pays victime du phénomène El Nino, caractérisé par une forte augmentation des températures. « Sur le plan de l’agriculture, il faut dire que les températures élevées et les fortes chaleurs qui en résultent exposent de plus en plus les plantations (cacaoyères, caféières, palmeraies, etc.) à une dégradation et une destruction par les feux de brousse, en raison du très faible niveau d’humidité de la végétation », explique le rapport de l’observatoire. En effet, la production de cacao stagne depuis les deux dernières campagnes à 260 000 tonnes et peine à retrouver son rythme de la campagne 2021-2022, où elle a atteint 295 000 tonnes. Elle devrait d’ailleurs rester dans son intervalle actuel pour la campagne en cours, malgré l'annonce d'une légère hausse de 3% annoncée.
A noter que, pendant que les exportateurs profitent de la reprise du cacao sur le marché international, les producteurs locaux eux peinent à retrouver les 5 000 F de prix de vente fixé par le ministère camerounais du Commerce lors du lancement de la campagne cacaoyère 2024/2025 en aout dernier. Ces derniers mois, le prix du kilogramme de cacao vendu bord champ a oscillé entre 3 500 Fcfa et 4 200 Fcfa selon les données compilées par le Système d’information des filières (SIF) avant d’atteindre un maximum de 4 500 Fcfa le 6 décembre dernier. Ce niveau équivaut tout de même au prix max appliqué en juillet dernier avant de se tasser légèrement et progressivement.




