Fitch Ratings a confirmé, le 12 juin 2026, la note de défaut émetteur à long terme de la Côte d’Ivoire à « BB » avec perspective stable, maintenant ainsi le pays dans la catégorie spéculative mais jugée solide au sein de son segment. Cette notation intervient après la révision à la hausse opérée en décembre 2025, lorsque la note avait été relevée de « BB- » à « BB ». L’agence met en avant une économie en forte expansion, avec une croissance attendue du PIB réel de 6,5% en 2025 et 6,3% en 2026, soit près du double de la médiane des pays notés « BB » estimée à 3,6%.
Une industrie extractive prometteuse
Au cœur de l’analyse de Fitch, la Côte d’Ivoire bénéficie d’une trajectoire de croissance structurelle soutenue par l’investissement et la montée en puissance du secteur extractif. « La trajectoire de croissance à moyen terme est soutenue par un portefeuille de projets extractifs bien défini, notamment la confirmation récente de la troisième phase du champ de Baleine, qui devrait porter la production pétrolière totale du champ à 150 000 barils par jour à partir de 2029, la découverte du gisement de gaz de Calao et la hausse attendue de la production minière », indique Fitch.
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Cette dynamique s’inscrit dans un cycle d’investissements publics et privés élevés, renforçant la diversification progressive de l’économie. À moyen terme, Fitch estime que cette configuration permettra au pays de maintenir un rythme de croissance élevé jusqu’au début des années 2030, un profil rare dans la catégorie « BB ».
Sur le plan budgétaire, l’agence observe une situation en amélioration graduelle mais encore contrainte. Après un retour au plafond communautaire de l’UEMOA en 2025 avec un déficit de 3,0% du PIB, la Côte d’Ivoire devrait enregistrer un creusement temporaire à 3,5% en 2026, en raison des mesures de soutien face au choc énergétique et de la baisse des recettes fiscales sur les carburants. Toutefois, Fitch anticipe un retour durable sous la norme communautaire d’ici 2028, soutenu par les réformes fiscales, notamment la TVA, la taxe foncière et la lutte contre la fraude. Les recettes publiques ont déjà progressé à 17,0% du PIB en 2025, contre 16,1% un an plus tôt, illustrant une capacité d’ajustement budgétaire progressive.
Dette
La trajectoire de dette constitue un autre élément central de la notation. La dette publique est estimée à 56,4% du PIB fin 2025, contre 59,5% en 2024, avec une poursuite attendue de la baisse vers la médiane des pays « BB » autour de 53,2% en 2027. Cette amélioration reste néanmoins tempérée par un niveau élevé du ratio intérêts/recettes, projeté à 14,8% en 2026, soit bien au-dessus de la moyenne des pays comparables fixée à environ 11%. Fitch souligne toutefois une amélioration de la stratégie de financement, avec une diversification accrue des investisseurs et un allongement des maturités, illustrés par une euro-obligation de 1,3 milliard de dollars à 15 ans émise en février 2026.
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Aussi, la stabilité externe et monétaire constitue un facteur d’équilibre, malgré certaines vulnérabilités. Le déficit du compte courant devrait se creuser légèrement à 3,5% du PIB en 2026, sous l’effet des importations liées aux prix de l’énergie, tandis que les exportations restent portées par le cacao, l’or, le pétrole et les produits agricoles. L’inflation, quasi nulle en 2025 à 0,1%, devrait remonter temporairement dans la cible de la BCEAO avant de converger vers 2,0% en 2027, dans un contexte d’ancrage du franc CFA et de politique monétaire prudente. Dans le même temps, les réserves de change de l’UEMOA ont fortement progressé à 48 milliards de dollars en avril 2026, offrant près de huit mois de couverture des importations, un signal de résilience régionale malgré les tensions sécuritaires au Sahel et les risques de contagion financière jugés limités.









