Les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) auraient convenu d’une approche individuelle dans le cadre des négociations relatives au rapatriement des avoirs dédiés à la restauration des sites miniers, au détriment d’une approche jusqu’ici concertée qui n’a pas porté ses fruits. C’est ce qui transparaît d’une communication de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), mandatée par la Conférence des présidents de la CEMAC pour négocier avec les compagnies la rétrocession de ces avoirs, dont le montant est estimé à environ 6 000 milliards FCFA.
Le changement de paradigme a été annoncé à l’issue d’une audience accordée, le 25 mars, au gouverneur de la banque centrale, Yvon Sana Bangui, par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. Aucune communication officielle de la Commission de la CEMAC ni de la Conférence des chefs d’État n’a toutefois été faite sur le sujet. Dans son communiqué, la Banque centrale reconnaît explicitement les limites de la méthode jusque-là pilotée au niveau communautaire.
« Le modèle centralisé, qui a montré ses limites, sera clôturé au profit d’une approche décentralisée », écrit l’institution, précisant que chaque État mènera désormais « ses propres discussions de manière bilatérale », avec « l’appui technique » de la banque centrale.
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Ce changement n’a pas tardé à se matérialiser puisque le Gabon est devenu le premier laboratoire de cette nouvelle doctrine. Selon des sources concordantes, la compagnie Assala Gabon a déjà procédé au rapatriement effectif de 170 millions de dollars, soit environ 102 milliards de FCFA, vers les comptes de la BEAC. Ce transfert constitue la première tranche d’une enveloppe globale de 270 millions de dollars annoncée par Libreville, correspondant aux provisions constituées pour la réhabilitation des sites après exploitation.
« Le modèle gabonais, fondé sur une implication présidentielle constante, offre ainsi une source d’inspiration pour l’ensemble de la sous-région », a indiqué la banque centrale. « Les autres États de la CEMAC, en particulier les pays producteurs de pétrole, sont désormais appelés à s’en inspirer».









