Le Conseil d’administration de BGFI Holding Corporation a décidé de relancer sans délai le processus d’introduction en bourse du groupe à la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC). Réuni en session spéciale le 20 octobre 2025 en marge des Conférences Budgétaires du Groupe BGFIBank, l’organe a pris acte du jugement rendu le 19 septembre par le Tribunal de commerce de Libreville, qui a débouté les actionnaires minoritaires opposés au projet.
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Dans un communiqué publié le 21 octobre, la société indique que les juges ont estimé que les requérants avaient fondé leurs accusations sur des arguments totalement « infondés ». Fort de cette décision, le Conseil a autorisé la poursuite immédiate de l’opération, notamment par la finalisation des formalités auprès de la COSUMAF, le régulateur du marché financier régional. « Dès l’obtention du visa de la Commission, la société BGFIBourse, Arrangeur Principal et Chef de file chargé à titre exclusif du pilotage opérationnel de l’ensemble du processus, lancera l’appel à souscription », précise le communiqué.
Fin des tensions internes ?
Pour la direction du groupe, cette étape marque un tournant stratégique dans le déploiement du Projet d’Entreprise 2026-2030, qui vise à renforcer la gouvernance, diversifier les sources de financement et accroître la visibilité du groupe sur les marchés régionaux et internationaux. Cette décision de justice met un terme à plusieurs mois de tensions internes entre la direction et un groupe d’actionnaires minoritaires menés par l’homme d’affaires Christian Kerangall, détenteur de 23 % du capital.
Ce dernier contestait la régularité de l’Assemblée générale extraordinaire du 25 juin 2025, lors de laquelle les actionnaires avaient validé le principe de l’introduction en bourse. Kerangall et ses alliés évoquaient des « erreurs de retranscription » et un « cafouillage » dans le décompte des votes, estimant que la consultation avait été biaisée. Ils avaient saisi la justice pour obtenir la suspension du processus d’introduction, arguant que des réclamations adressées à la direction étaient restées sans réponse.
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Au-delà des aspects procéduraux, cette opposition traduisait une divergence de vision sur la stratégie de transformation du groupe bancaire. Les contestataires réclamaient une phase de stabilisation avant toute ouverture du capital, invoquant notamment la nomination du PDG Henri-Claude Oyima au sein du gouvernement gabonais, et la réorganisation de la gouvernance souhaitée par la COBAC. La direction, de son côté, défend une démarche cohérente avec son objectif de consolidation régionale et de modernisation financière.
Les détails de l’offre publique de vente d’actions de BGFI Holding
L’opération, validée par l’Assemblée générale, prévoit la mise sur le marché de 10 % du capital de BGFI Holding, soit 1 573 536 actions nouvelles au prix unitaire de 80 000 FCFA, pour une levée totale de 125,88 milliards FCFA. Les investisseurs pourront souscrire à un minimum de dix actions, tandis qu’une part de 2 % de l’offre sera réservée aux salariés du groupe. Les titres donneront droit à dividende dès l’exercice 2025, avec un rendement prévisionnel de 12 500 FCFA par action.
Cette opération intervient dans un contexte de forte performance financière pour le groupe bancaire. En 2024, BGFIBank a enregistré un résultat net consolidé de 122 milliards FCFA, en hausse de 27 % sur un an. Le total bilan s’est établi à 5 951 milliards FCFA (+12 %), soutenu par une progression des dépôts de la clientèle à 3 883 milliards FCFA (+17 %) et des crédits à 3 562 milliards FCFA. Le produit net bancaire a, lui, grimpé de 10 % à 347 milliards FCFA, porté par une hausse notable des commissions sur services (+28 %). Des indicateurs qui, selon la direction, devraient renforcer la confiance des investisseurs et consolider la place de BGFI Holding comme leader financier de la CEMAC.

